La dégradation de la situation économique et la vulnérabilité des populations affectées par les déplacements semblent ouvrir la voie à de nouvelles formes d’escroquerie dans certains groupements du territoire de Kabare. A Mudaka, des personnes se présentant comme des agents humanitaires sont accusées d’avoir extorqué de l’argent aux habitants en leur promettant une assistance en vivres et en biens non alimentaires.
Le cas le plus récent aurait été enregistré la semaine dernière dans le groupement de Mudaka. Selon des témoignages recueillis sur place, des personnes présentées comme étant bien connues dans le milieu auraient sillonné plusieurs sous-villages, affirmant avoir été mandatées par le Programme alimentaire mondial (PAM), World Vision et UNICEF pour identifier les personnes déplacées.
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Ces prétendus agents auraient expliqué aux habitants que cette opération d’identification devait permettre aux personnes enregistrées de bénéficier ultérieurement d’une assistance humanitaire, notamment en vivres et en biens non alimentaires.
100 000 francs congolais exigés aux personnes à identifier
Mais derrière cette prétendue opération humanitaire se serait cachée une pratique d’extorsion. Selon un défenseur des droits humains du groupement de Mudaka, qui affirme avoir lui-même été victime de cette escroquerie, les présumés faux agents exigeaient 100 000 francs congolais à chaque personne avant de procéder à son identification.
Une somme particulièrement importante pour des ménages déjà confrontés aux difficultés économiques et aux conséquences de la crise humanitaire. Pour les personnes déplacées et autres familles vulnérables, la promesse d’une assistance peut constituer un espoir important, ce qui les expose davantage à ce type de pratiques frauduleuses.
« Ces personnes se présentaient comme des agents envoyés pour identifier les déplacés en vue d’une assistance, mais elles exigeaient de l’argent avant l’identification », témoigne le défenseur des droits humains, lui-même victime présumée de cette escroquerie.
Les présumés escrocs ne sont plus visibles
Depuis quelques jours, les personnes mises en cause ne seraient plus visibles dans les différents sous-villages concernés. Les numéros de téléphone communiqués aux habitants seraient également devenus injoignables, ce qui renforce les soupçons autour de cette opération.
Cette situation intervient dans un contexte où les besoins humanitaires restent importants et où de nombreuses familles comptent sur l’assistance des organisations pour faire face à leurs difficultés quotidiennes.
Les acteurs locaux de défense des droits humains appellent la population à la vigilance face aux personnes qui se présentent comme des agents humanitaires et demandent de l’argent en échange d’une inscription, d’une identification ou de la promesse d’une assistance.
Ils recommandent également aux habitants de vérifier, auprès des structures humanitaires ou des autorités locales, l’authenticité de toute opération d’identification ou de distribution annoncée dans leur milieu.
La population de Mudaka est par ailleurs encouragée à signaler tout cas similaire aux autorités compétentes afin de permettre l’identification des responsables et d’éviter que d’autres familles vulnérables ne soient victimes de telles pratiques.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL-GL avec le soutien de Media4dialogue de la Benevolencija.
