Les résultats du projet « Wasichana na Amani », consacré au renforcement de la participation des jeunes femmes aux processus de paix et à la prise de décision communautaire, ont été présentés ce mardi 18 août 2026 à Bukavu.

L’atelier organisé à l’Hôtel Elizabeth a réuni des organisations locales, des jeunes, des femmes ainsi que différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet. La rencontre a notamment permis de partager les conclusions de l’évaluation externe, d’échanger sur les acquis et les difficultés rencontrées et de recueillir les recommandations des parties prenantes pour les prochaines interventions.

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Selon Evelyne Ndipondju, directrice pays de Kvinna Till Kvinna, l’évaluation visait à mesurer les progrès réalisés dans la participation des jeunes femmes aux processus de paix et aux mécanismes communautaires de prise de décision.

Financé par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, le projet, lancé en 2024, a été mis en œuvre dans plusieurs territoires et villes du Sud-Kivu par La Prunelle RDC, Mwanamke Kesho et Génération Épanouie. Il a permis de mobiliser plus de 600 jeunes femmes.

L’évaluation externe a notamment porté sur les expériences des bénéficiaires, les acquis, les leçons apprises et les insuffisances du projet.

Des jeunes femmes davantage engagées dans leurs communautés

Pour Evelyne Ndipondju, l’un des acquis importants du projet réside dans la transmission intergénérationnelle des expériences entre femmes aînées et jeunes femmes.

À travers les organisations dirigées par des jeunes femmes, les bénéficiaires ont notamment été accompagnées pour renforcer leur confiance en elles, prendre la parole en public, dialoguer avec les leaders communautaires et participer aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits.

« Les femmes aînées ont partagé leurs expériences avec les jeunes femmes cadettes qui, elles, maintenant à leur tour sont rentrées dans les communautés […] et ont mis en œuvre des activités au sein des communautés, ont encouragé, motivé, transformé les peurs des jeunes femmes […] à pouvoir prendre part maintenant au processus de décision des conflits, au processus de paix », explique Evelyne Ndipondju.

Elle se dit globalement satisfaite des résultats de l’évaluation, précisant que trois des quatre indicateurs définis ont enregistré des résultats supérieurs à 90 %, selon les évaluateurs externes.

Toutefois, l’institutionnalisation des acquis demeure un défi. La situation sécuritaire a notamment contraint les acteurs à déplacer temporairement certaines opérations vers Uvira, entraînant des retards dans la mise en œuvre de certaines activités.

Consolider les acquis malgré le contexte sécuritaire

Junior Habimana, responsable de Victim’s Hope DRC et consultant externe du projet, a pour sa part salué la participation des partenaires, des jeunes et des femmes à l’atelier de restitution.

Selon lui, leurs échanges et contributions ont permis d’enrichir et de valider les conclusions de l’évaluation, tout en faisant émerger des pistes d’amélioration pour de futures interventions.

« C’était un moment d’échanges, de partage et de validation de l’étude. […] Nous sommes satisfaits des résultats produits par le projet parce qu’on ne s’y attendait pas au vu de la volatilité sécuritaire dans les zones de mise en œuvre », souligne-t-il.

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Il estime néanmoins nécessaire de renforcer les stratégies permettant de maintenir les activités et de continuer à atteindre les bénéficiaires, particulièrement dans les zones affectées par l’insécurité.

Au terme de cette évaluation, « Wasichana na Amani » présente ainsi un bilan encourageant, avec une progression importante de la participation des jeunes femmes dans leurs communautés. L’enjeu demeure désormais de consolider ces acquis et de favoriser leur appropriation durable par les communautés et les acteurs institutionnels, afin que les jeunes femmes puissent continuer à jouer un rôle actif dans la construction de la paix et la prise de décision.

Vinciane Ntabala

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