La Coalition Article 64 (C64) a confirmé l’organisation d’une marche pacifique le 22 juillet 2026 à Kinshasa pour réclamer le respect de la Constitution, de l’État de droit et de l’ordre constitutionnel en République démocratique du Congo. Cette mobilisation intervient après le report de celle initialement prévue le 8 juillet, à la suite de la médiation menée par le président burundais Évariste Ndayishimiye.
Dans un courrier adressé au gouverneur de la ville-province de Kinshasa, consulté par La Prunelle RDC ce vendredi 17 juillet, les organisateurs indiquent que les manifestants convergeront vers le Palais de la Nation, où un sit-in pacifique est prévu à partir de 9 heures, avant la remise d’un mémorandum au président de la République.
Selon ce document, la manifestation a pour objectif d’exprimer l’attachement des participants au respect de la Constitution, de l’État de droit et de l’ordre constitutionnel.
Les organisateurs précisent que les participants emprunteront les principaux axes routiers des différentes communes de Kinshasa jusqu’au Palais de la Nation. Ils assurent avoir prévu un dispositif d’encadrement destiné à préserver le caractère pacifique de la marche et à limiter les perturbations de la circulation.
« Les organisateurs veilleront à l’encadrement des participants tout au long des itinéraires afin d’assurer la fluidité de la circulation et le caractère pacifique de la manifestation », indique le courrier.
Interrogé sur les conditions d’une manifestation pacifique, l’acteur social Jean-Bosco Muhemeri estime qu’il est indispensable de sensibiliser les participants avant le début de la marche.
Selon lui, les organisateurs doivent rappeler aux manifestants les principes de citoyenneté responsable, de civisme et de civilité afin de prévenir tout débordement.
« Il faut que les acteurs soient briefés sur les questions de la civilité, du civisme, de manière à éviter les casses, avoir un comportement non violent, un comportement dénué de discours de haine, d’extraphobie, de tribalisme et d’intolérance. Les manifestants doivent savoir pourquoi leur parti politique, leur camp politique ou leur groupe d’alliés organise cette marche », a-t-il déclaré.
Jean-Bosco Muhemeri recommande également un dialogue permanent entre les organisateurs et les forces de l’ordre tout au long de la manifestation.
« La meilleure des choses, c’est toujours de négocier avec la police tout au long de la marche ; une collaboration, un dialogue, une fraternité, afin que les policiers ne deviennent pas des bourreaux, hostiles à ceux qui marchent. Ce sont des techniques qui marchent », a-t-il ajouté.
La lettre adressée au gouverneur est signée par plusieurs figures de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sessanga. Les signataires demandent aux autorités de prendre acte du caractère strictement pacifique de cette activité et de garantir la sécurité des participants ainsi que le bon déroulement de la manifestation, conformément à la Constitution et aux lois de la République.
Pour rappel, la Coalition Article 64 avait affirmé que le sit-in organisé le 12 juin 2026 devant le Palais du Peuple à Kinshasa, en protestation contre le projet de loi sur le référendum adopté par l’Assemblée nationale, avait fait deux morts, 552 blessés, 27 personnes portées disparues et 29 arrestations, selon un rapport publié quelques jours après les événements.
