Au lendemain de la publication des résultats de l’Examen d’État 2026, marqués par de faibles performances enregistrées dans plusieurs établissements scolaires de Goma, la Division provinciale de l’Enseignement appelle à une analyse approfondie afin d’identifier les causes réelles de ces contre-performances, estimant qu’il serait prématuré de tirer des conclusions hâtives.
Le chef de la Division provinciale de l’Enseignement affirme que les résultats doivent être examinés de manière objective, à la lumière de plusieurs facteurs susceptibles d’avoir influencé les performances des candidats.
« Il faut vérifier réellement les résultats qui nous parviennent, mesurer les impacts et voir les causes profondes qui peuvent influencer tout cela. Les analyses permettront de comprendre le vrai pourquoi », a-t-il déclaré.
Selon lui, les difficultés observées dans certains établissements ne peuvent être attribuées à un seul élément. Il préconise une évaluation prenant en compte les dimensions pédagogiques, socioculturelles, sécuritaires et organisationnelles afin d’établir un diagnostic complet.
« Si quelque chose ne fonctionne pas dans certains établissements, il faut vérifier les impacts pédagogiques, socioculturels, sécuritaires et organisationnels. C’est ainsi que nous découvrirons les causes profondes », a-t-il insisté.
Réagissant aux interrogations de certains observateurs qui évoquent un éventuel recours à l’intelligence artificielle dans le processus de correction des copies, le responsable rejette cette hypothèse comme explication des faibles résultats.
« Ce n’est pas possible que ce soit le motif exact. Aujourd’hui, l’automatisation et les systèmes informatisés facilitent les démarches. Ce n’est pas seulement dans l’éducation. Au contraire, une correction entièrement manuelle présenterait davantage de risques », a-t-il expliqué.
Le chef de division a également assuré que le processus d’évaluation demeure transparent et ouvert aux différentes parties prenantes, rappelant que les opérations de correction peuvent être suivies, notamment par les médias.
Il précise par ailleurs que cette analyse ne constitue pas une démarche exceptionnelle liée aux résultats de cette année. Selon lui, une revue annuelle des performances est organisée dans chaque province éducationnelle afin d’évaluer les résultats de l’année scolaire écoulée, d’identifier les défis rencontrés et de préparer les orientations de l’année suivante. La prochaine session est annoncée du 5 au 7 octobre 2026.
Pour la Division provinciale de l’Enseignement, cette démarche permettra de formuler des conclusions fondées sur des données objectives plutôt que sur des suppositions, en vue de proposer des solutions adaptées pour améliorer les performances des établissements scolaires de Goma.
En attendant les conclusions de cette évaluation, plusieurs écoles réputées de la ville enregistrent déjà des résultats jugés inhabituels. Au Collège Mwanga, considéré comme l’un des établissements de référence à Goma, 30 élèves seulement sur 80 inscrits en option littéraire ont réussi l’Examen d’État, tandis que 50 ont échoué, une situation que plusieurs responsables qualifient d’inédite dans l’histoire de l’école.
À l’Institut Himbi, le constat est également préoccupant. En pédagogie générale, seuls 5 candidats sur 32 ont obtenu leur diplôme d’État.
Ces premiers résultats alimentent les interrogations au sein de la communauté éducative, même si les autorités scolaires insistent sur la nécessité d’attendre les conclusions de l’évaluation annuelle avant d’identifier avec précision les facteurs ayant conduit à ces contre-performances.
Inertie Mbale
