L’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC-M23) rejette la suspension des activités académiques et para-académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur de Goma et Bukavu, ainsi que la suspension du paiement des rémunérations de certains membres du personnel de l’ESU. Dans un communiqué publié le 26 août 2026, le mouvement qualifie ces mesures d’« arbitraires et irresponsables » et appelle les établissements concernés à poursuivre leurs activités.
L’AFC-M23 conteste notamment la justification sécuritaire avancée par le gouvernement congolais pour suspendre les activités académiques. Le mouvement affirme que les territoires qu’il administre dans l’Est du pays seraient, selon lui, « plus sécurisés et stabilisés ».
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement congolais a suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques dans 11 établissements publics de Goma et Bukavu pour l’année académique 2026-2027. Kinshasa a également engagé une procédure visant certains membres du personnel accusés d’avoir rejoint l’AFC-M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté d’exercer des fonctions sous son autorité.
L’AFC-M23 invoque le droit à l’éducation
Dans son communiqué, le mouvement armé affirme que le droit à l’éducation doit rester à l’écart des affrontements politiques et militaires.
Il se réfère notamment aux articles 42, 43 et 45 de la Constitution congolaise, qu’il cite pour rappeler la protection de la jeunesse, le droit à l’éducation et la liberté de l’enseignement.
L’AFC-M23 estime qu’aucun étudiant ne devrait être contraint de perdre son année académique en raison de la situation actuelle.
Le mouvement affirme également que des mécanismes auraient déjà été mis en place pour assurer la continuité de la formation, l’organisation des évaluations et la sécurisation des résultats académiques, indépendamment des universités.
Appel à poursuivre les activités
L’AFC-M23 appelle les gestionnaires des établissements d’enseignement supérieur concernés à poursuivre normalement les activités académiques et para-académiques, en s’appuyant sur les mécanismes qu’elle présente comme ayant été préalablement établis.
Elle assure également vouloir prendre en charge les frais liés au personnel académique qu’elle considère comme « discriminé » par les autorités de Kinshasa.
Le mouvement demande par ailleurs que la carrière du personnel académique, scientifique, administratif, technique et ouvrier ne soit pas affectée par les différends politiques liés à la crise actuelle.
Une réaction dans le contexte des pourparlers de Doha
L’AFC-M23 estime que la suspension des activités universitaires intervient alors que des discussions sont en cours dans le cadre du processus de Doha, destiné à favoriser une solution politique au conflit dans l’Est de la RDC.
Elle considère que les mesures prises par Kinshasa sont incompatibles avec les mesures de confiance recherchées dans ce processus.
Le mouvement dénonce également ce qu’il présente comme une série de mesures affectant les populations de l’Est, citant notamment les difficultés liées aux banques et aux aéroports, la situation humanitaire à Minembwe, la riposte contre Ebola et la question du paiement des salaires des agents de l’État.
Ces accusations relèvent toutefois de la position exprimée par l’AFC-M23 dans son communiqué et ne permettent pas, à elles seules, d’établir la réalité ou la responsabilité des faits évoqués.
Une nouvelle confrontation autour des universités
La déclaration de l’AFC-M23 intervient ainsi après plusieurs décisions et prises de position contradictoires concernant les établissements d’enseignement supérieur de Goma et Bukavu.
Après avoir annoncé la nomination de nouveaux responsables dans plusieurs institutions, l’AFC-M23 affirme désormais vouloir garantir la continuité des activités académiques. Le gouvernement congolais, de son côté, considère ces nominations comme dépourvues de valeur juridique et a décidé de suspendre les activités dans les établissements publics concernés.
Au centre de cette confrontation institutionnelle se trouve une même préoccupation : l’avenir des étudiants et la continuité de leur formation.
Pour l’AFC-M23, la poursuite de l’enseignement constitue un facteur de stabilité et de reconstruction dans une région marquée par des crises successives.
Le mouvement conclut son communiqué en affirmant que, dans ce contexte, « tout défi est une opportunité pour mieux faire ».
