La cité de Nyabibwe dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, accueille depuis peu de nombreuses familles déplacées en provenance de Ziralo, Shanje, Chambombo et Lumbishi, à la suite des affrontements rapportés récemment dans ces zones. En quête de sécurité, ces familles disent bénéficier de la solidarité de la communauté locale, malgré des conditions de vie qui restent difficiles.
Certains nouveaux déplacés rencontrés expliquent avoir été accueillis par des familles de Nyabibwe qui leur ont offert des espaces pour dormir. La communauté aurait également organisé des contributions en nourriture afin de leur permettre de faire face aux premiers jours de leur déplacement.
Pour ces familles nouvellement déplacées, cet accueil constitue un soutien important après avoir fui leurs villages dans la précipitation. Certaines affirment également avoir appris que les personnes malades peuvent bénéficier de soins gratuits dans certaines structures de santé, ce qui représente un soulagement face aux risques sanitaires auxquels elles sont exposées.
Mais cette solidarité communautaire reste insuffisante au regard de l’ampleur des besoins. Les déplacés expliquent qu’ils ne disposent d’aucune activité génératrice de revenus leur permettant de subvenir quotidiennement aux besoins de leurs familles.
Des familles d’accueil elles-mêmes confrontées à la précarité
La situation est d’autant plus difficile que plusieurs personnes vivant à Nyabibwe sont elles-mêmes confrontées à des conditions économiques précaires. Selon les témoignages recueillis, une partie importante de la population locale dépend également de ressources limitées et dispose de peu de moyens pour soutenir durablement les nouveaux arrivants.
Cette situation met à rude épreuve la capacité des familles d’accueil à prendre en charge les personnes déplacées, alors que les besoins en nourriture, logement, soins de santé et autres biens essentiels continuent d’augmenter.
Lire aussi : Kalehe : plus de 815 ménages déplacés vivent dans des conditions précaires à Ramba
Face à ces difficultés, les nouveaux déplacés appellent les personnes de bonne volonté et les organisations humanitaires à leur venir en aide. Ils sollicitent notamment une assistance en vivres et non-vivres ainsi que des moyens leur permettant de développer des activités génératrices de revenus. Pour ces familles, l’appui humanitaire ne devrait pas seulement répondre aux besoins immédiats, mais également contribuer à renforcer leur autonomie et leur résilience dans les communautés d’accueil.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL-GL avec le soutien de Media4dialogue de la Benevolencija.
