À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée ce mercredi 12 août, des parents à Goma alertent sur les comportements qu’ils jugent préoccupants chez une partie de la jeunesse, notamment la consommation précoce d’alcool et de drogues, la paresse et la perte de certains repères éducatifs. Ils appellent à renforcer le dialogue familial et l’encadrement des jeunes afin de préserver leurs perspectives d’avenir.
Dans une ville confrontée à de nombreux défis sociaux et sécuritaires, les parents interrogés par La Prunelle RDC estiment que la situation d’une partie de la jeunesse mérite une attention particulière. Ils évoquent notamment une consommation de substances parfois observée dès l’adolescence, ainsi que des comportements susceptibles, selon eux, de compromettre l’avenir des jeunes.
Pour Maman Furaha Bita, la consommation d’alcool doit notamment faire l’objet d’un meilleur encadrement familial. Elle estime que les jeunes doivent être sensibilisés aux risques liés à une consommation excessive.
« Boire de l’alcool n’est pas mauvais, mais tout dépend de l’âge. Ce n’est pas à l’âge de la jeunesse qu’il faut se mettre à boire de l’alcool. On peut en boire un tout petit peu, mais pas au point de se saouler complètement avec n’importe quoi », explique-t-elle.
Elle appelle ainsi les parents à davantage conseiller leurs enfants et à engager un dialogue régulier avec eux afin de les aider à faire des choix responsables.
La paresse et le manque d’occupation également pointés du doigt
Au-delà de la consommation d’alcool et de drogues, certains parents s’inquiètent également du manque d’engagement dans le travail chez une partie des jeunes.
Mirièle Mastaki estime que certains jeunes ne suivent pas suffisamment les conseils de leurs parents et développent, selon elle, une forte tendance à la dépendance familiale et à l’inactivité.
« Les jeunes n’ont pas un bel avenir demain parce qu’ils ne se comportent pas selon les conseils des parents. S’ils suivaient les conseils des parents, ils devraient avoir un avenir, mais ils aiment faire n’importe quoi et n’aiment pas travailler », déplore-t-elle.
Elle encourage les jeunes à développer l’esprit d’initiative et à valoriser le travail, y compris les petits métiers, dans un contexte économique particulièrement difficile.
Les parents appellent à renforcer le dialogue avec les jeunes
Pour les familles interrogées, la lutte contre ces comportements ne peut cependant pas reposer uniquement sur les jeunes. Elle nécessite également une implication accrue des parents et de la communauté.
L’éducation, l’écoute et l’accompagnement familial sont présentés comme des moyens essentiels pour aider les adolescents et les jeunes à faire face aux pressions sociales et aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.
À Goma, où une partie de la jeunesse fait également face aux conséquences de la crise sécuritaire et économique, les parents souhaitent que la Journée internationale de la jeunesse serve aussi de moment de réflexion sur les conditions nécessaires à l’épanouissement des jeunes.
Ils appellent ainsi les jeunes à privilégier la formation, le travail, la responsabilité et la discipline, tout en invitant les parents à rester davantage présents dans leur éducation.
Pour eux, la jeunesse demeure une force essentielle pour l’avenir de la ville et du pays. Mais pour transformer cette force en véritable moteur de développement, elle doit pouvoir bénéficier d’un environnement familial et communautaire capable de l’accompagner, de la protéger et de lui offrir des perspectives.
