Une barrière tenue, selon un témoignage local, par des hommes présentés comme des éléments Wazalendo suscite l’inquiétude dans le groupement de Kalonge, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Des passants auraient été contraints de remettre de la farine, du charbon de bois et des haricots, tandis qu’un témoin affirme avoir été menacé après avoir questionné les hommes sur la légalité de leur présence.
L’incident se serait produit dimanche matin, vers 9 heures, à une barrière située entre Rwamikundu, Bihara et Ntulo, sur un axe fréquenté par des personnes se rendant notamment vers Kafunzi, Cifunzi-centre, Bumoga et Bukavu, ainsi que par des habitants revenant de leurs champs.
Selon le témoignage recueilli, les hommes présents à cette barrière exigeaient différents produits auprès des passants. De la farine, du charbon de bois et des haricots auraient notamment été demandés aux personnes qui franchissaient le point de contrôle.
Le témoin affirme avoir questionné les hommes sur la légalité de cette barrière et sur l’existence d’une autorisation officielle. Il aurait également cherché à savoir si leurs responsables hiérarchiques ainsi que les autorités militaires compétentes étaient informés de leur présence sur cet axe.
Des hommes en civil à la barrière
Toujours selon ce témoignage, deux des hommes présents sur place ne portaient pas d’uniforme et n’étaient pas armés au moment des faits.
Ils auraient cependant disposé de sacs dans lesquels ils plaçaient les produits récupérés auprès des personnes qui franchissaient la barrière.
La situation aurait ensuite pris une tournure plus inquiétante après le départ du témoin.
Celui-ci affirme avoir retrouvé l’un des hommes rencontrés à la barrière, accompagné cette fois d’un autre individu qui portait une arme, à proximité de l’EP Madirhiri.
D’après son récit, une altercation aurait alors éclaté. Des cartouches auraient été manipulées au cours de l’incident, faisant craindre une aggravation de la situation.
Des habitants ainsi que certains leaders de Bumoga seraient intervenus pour empêcher que l’affrontement ne dégénère.
Le témoin affirme avoir été menacé et pris pour cible avant de parvenir à quitter les lieux. Il attribue notamment son échappée à l’intervention de plusieurs responsables locaux et de personnes présentes sur place.
Des accusations plus larges d’insécurité
Cet incident ravive les inquiétudes concernant la sécurité des populations dans cette partie du groupement de Kalonge.
Des habitants font état, selon plusieurs témoignages locaux, de différents actes d’insécurité dans les secteurs de Bihara, Birhabiro, Ntulo et Cifunzi.
Des vols de téléphones sont notamment rapportés, y compris en pleine journée et durant les heures tardives.
Des accusations plus graves, faisant état de tueries et de violences sexuelles, sont également évoquées par certaines sources locales. Ces allégations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante et nécessitent des investigations ainsi que des précisions des autorités compétentes.
Les habitants demandent le contrôle des barrières
Face à cette situation, les habitants appellent les autorités administratives, policières et militaires à renforcer leur présence et à enquêter sur les faits rapportés.
Ils demandent notamment que les barrières installées sur les axes routiers soient clairement identifiées et placées sous le contrôle des autorités compétentes.
Ils souhaitent également que les personnes chargées d’effectuer des contrôles sur les routes soient clairement identifiables et que toute perception de biens ou de produits auprès de la population soit encadrée par des dispositions légales.
Pour les habitants, les personnes armées ou se présentant comme appartenant à des groupes d’autodéfense ne devraient pas constituer une source supplémentaire d’insécurité pour les populations civiles.
Ils demandent ainsi aux autorités militaires et civiles d’identifier les responsables de cette barrière, de vérifier leur statut et de prendre les mesures nécessaires pour prévenir de nouveaux incidents.
Restaurer la sécurité sur les axes de Kalonge
Les populations souhaitent en particulier voir renforcée la sécurité sur les axes reliant Rwamikundu, Bihara, Ntulo, Cifunzi, Bumoga et les environs de Madirhiri.
Elles appellent à garantir la libre circulation des personnes et de leurs biens, tout en mettant fin aux pratiques d’intimidation et aux perceptions qui ne seraient pas autorisées par les autorités.
Dans une zone déjà confrontée aux conséquences de l’insécurité, les habitants estiment que les dispositifs de contrôle routier doivent contribuer à leur protection plutôt qu’à accentuer leur vulnérabilité.
