Les prix de plusieurs denrées alimentaires connaissent une hausse sur différents marchés de Bukavu, au Sud-Kivu. Le riz, le sel, la farine de maïs, la farine de manioc, le sucre et d’autres produits de première nécessité sont notamment concernés. Une situation qui pèse davantage sur les ménages et réduit les marges bénéficiaires des petits commerçants.
Au marché de Nyawera, plusieurs vendeurs rencontrés par La Prunelle RDC affirment observer cette augmentation depuis plusieurs semaines. Ils évoquent notamment la fluctuation des prix d’achat, les taxes et charges commerciales ainsi que les difficultés liées au taux de change.
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Cette situation intervient alors que de nombreux ménages de Bukavu font déjà face aux conséquences des conflits armés, des catastrophes naturelles et des incendies qui ont récemment touché plusieurs quartiers de la ville.
Le prix du riz et de la farine en hausse
Nathalie Katuruba, commerçante au marché de Nyawera, affirme que les prix changent régulièrement, sans que les vendeurs ne connaissent avec précision l’origine de cette évolution.
Elle indique que le sac de riz, qui se vendait auparavant entre 17,5 et 18 dollars, coûte actuellement autour de 20 à 20,5 dollars. La farine de maïs serait passée de 20 à 21,5 dollars, tandis que le prix du sucre serait passé d’environ 39 ou 40 dollars à 41 ou 42 dollars.
Selon elle, cette instabilité réduit considérablement les bénéfices des petits commerçants.
De son côté, Asifiwe Julienne, une autre vendeuse, fait état d’une augmentation qu’elle observe depuis près d’un mois.
Elle affirme qu’un sac de riz acheté auparavant à Goma autour de 78 dollars coûte désormais jusqu’à 110 dollars. La farine de maïs serait passée de 10 à 11,5 dollars, tandis que le riz pakistanais serait passé de 20 à 21 dollars.
Pour cette commerçante, cette évolution rend difficile la fixation des prix de vente sur les marchés.
Le taux de change et les taxes évoqués par les vendeuses
Alliance Maman Gabriel, également vendeuse au marché de Nyawera, dit avoir commencé à constater cette hausse depuis le début du mois de septembre.
Elle indique que le riz pakistanais, acheté auparavant autour de 17,5 dollars et revendu entre 19 et 20 dollars, coûte désormais environ 20 dollars. Le riz en provenance de Tanzanie serait, quant à lui, passé d’environ 26 à 28 dollars.
La commerçante souligne également les difficultés liées au taux de change. Selon elle, les grossistes exigent souvent des paiements en dollars, tandis que les détaillants vendent leurs produits en francs congolais. À cela s’ajoutent les taxes et autres charges, ce qui réduit davantage leurs marges.
Pour Fatuma Biringanine, vendeuse au même marché, les taxes figurent également parmi les facteurs qui contribueraient à la hausse des prix.
Elle estime que les petits détaillants sont particulièrement touchés, puisqu’ils doivent acheter leurs marchandises à un prix élevé auprès des grossistes avant de les revendre aux consommateurs.
Elle cite notamment la farine de manioc, dont le kilogramme serait passé de 1.000 à 1.500 francs congolais. Le prix de la semoule aurait également augmenté, selon elle.
Cette situation aurait pour conséquence de décourager certains clients, qui préfèrent parfois repartir sans effectuer leurs achats.
Les petits commerçants demandent une stabilisation des prix
Face à cette situation, les petits commerçants demandent aux grossistes et aux grands vendeurs de revoir leurs prix afin de leur permettre de poursuivre leurs activités tout en préservant leurs marges.
Alors que les prix continuent de fluctuer sur plusieurs marchés de Bukavu, consommateurs et petits commerçants restent dans l’attente d’une amélioration.
Les vendeurs appellent notamment à davantage de stabilité des prix afin de faciliter l’accès des ménages aux produits de première nécessité et de permettre aux petits commerçants de maintenir leurs activités.
