La Synergie des Femmes pour la Paix et la Sécurité (SFPS), branche du Nord-Kivu, a célébré ce 25 septembre 2026 la Journée internationale de la paix à Mugunga, dans la commune de Karisimbi, à Goma. L’activité a été consacrée à la promotion de la paix, du vivre-ensemble, de la participation des femmes et des jeunes aux mécanismes de paix, ainsi qu’à la prévention de la maladie à virus Ebola.
Organisée autour du thème « Amani ni jukumu letu sote, pamoja tutafute Amani », traduit par « La paix est notre responsabilité, ensemble pour la paix », cette activité a réuni des autorités locales, des organisations partenaires, des femmes, des jeunes, des leaders communautaires, des représentants d’organisations et des membres de la communauté.
La rencontre s’inscrit dans un contexte marqué, notamment à Mugunga et dans ses environs, par les conséquences des conflits armés, les déplacements de populations, les tensions communautaires et la circulation d’informations non vérifiées. La SFPS estime que les discours de haine, les préjugés et les messages de division peuvent davantage fragiliser la cohésion sociale.
Des échanges, un panel et des prestations culturelles
La journée a été marquée par plusieurs activités de sensibilisation sur la paix et la cohésion sociale. Un panel a notamment porté sur le rôle des femmes dans la prévention et la résolution pacifique des conflits, ainsi que sur leur participation aux mécanismes de paix et de sécurité.
Des prestations culturelles ont également accompagné les messages de paix, avec notamment des chants, une présentation théâtrale et du slam. L’approche artistique visait à rendre les messages de sensibilisation accessibles aux différentes catégories de la communauté.
La prévention de la maladie à virus Ebola figurait également parmi les thèmes abordés au cours de la journée, avec des messages portant notamment sur les mesures préventives, le signalement précoce des cas suspects et la lutte contre la stigmatisation.
« Investir dans la paix, c’est construire »
Pour Maman Rachel Mululu, coordinatrice de la FUDEI, investir dans la paix doit commencer au sein des familles, des quartiers et des communautés.
« Investir, c’est construire. Et pour construire, il faut une fondation. Cette journée constitue donc une fondation pour une paix durable », a-t-elle expliqué.
Selon elle, la mobilisation a réuni des femmes venues de différentes provinces, mais également des filles, des jeunes et des hommes, afin de rappeler que la construction de la paix relève d’une responsabilité collective.
La SFPS mène notamment des actions de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité. Elle s’appuie sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée à l’agenda Femmes, Paix et Sécurité, ainsi que sur la Résolution 2250, relative aux jeunes, à la paix et à la sécurité.
« Notre rôle est de sensibiliser et de vulgariser les femmes sur leur participation à la paix et à la sécurité, tout en impliquant les jeunes et en les encourageant », a précisé Maman Rachel Mululu.
L’organisation mène également des actions de plaidoyer auprès des chefs de quartiers et des autorités communales, provinciales, nationales et internationales afin de renforcer la participation des femmes dans les mécanismes de paix et de sécurité.
Maman Rachel Mululu évoque également l’article 14 de la Constitution de la République démocratique du Congo, qui consacre la participation de la femme dans différents domaines de la vie nationale.
« J’invite toutes les femmes à investir dans la paix et la sécurité durable. Investissons ensemble, unissons-nous pour une paix durable », a-t-elle déclaré.
Pour Women Today, la paix doit se construire au quotidien
De son côté, Générose, coordinatrice de l’organisation Women Today, basée à Nyiragongo et active dans la protection des droits des femmes et des filles, l’autonomisation des femmes, la paix et la cohésion sociale, estime que la célébration de la Journée internationale de la paix doit se traduire par des actions concrètes.
« Commémorer cette journée, c’est aussi poser chaque jour des actions pour planter la paix dans nos communautés », a-t-elle souligné.
Pour elle, les femmes peuvent jouer un rôle dans la prise de décision communautaire, la médiation et le leadership, depuis les quartiers jusqu’aux instances nationales et internationales.
Générose appelle ainsi les femmes à prendre conscience de leurs capacités et à dépasser les barrières qui limitent leur participation aux espaces de décision.
« La femme doit prendre conscience de ce qu’elle est et de ce qu’elle est capable de faire. Elle doit reconnaître ses capacités, monter les échelons et briser les barrières qui peuvent constituer des obstacles à sa participation aux instances de prise de décision », a-t-elle indiqué.
Elle invite également les leaders à accompagner les femmes dans le développement de leurs potentialités et dans leur engagement communautaire.

Selon elle, la contribution à la paix peut commencer au sein même de la famille.
« Être à la maison est une place parmi tant d’autres. Elle peut commencer là et avoir un impact positif sur sa communauté pour apporter la paix », a-t-elle déclaré.
Générose encourage enfin les femmes qui ont tendance à sous-estimer leur rôle en raison de leur statut social à reconnaître leur importance dans la communauté.
« La femme est un pilier important pour la communauté. Sans la femme, il n’y a pas de paix. Sa participation compte, et ses actions aussi », a-t-elle ajouté.
Pour elle, la construction de la paix reste finalement une responsabilité partagée.
« La paix n’est pas une question d’une seule personne. C’est un devoir communautaire », a-t-elle conclu.
À travers cette initiative, la SFPS entend ainsi renforcer les mécanismes communautaires de dialogue, de médiation et d’alerte précoce, tout en encourageant une participation accrue des femmes et des jeunes dans la construction d’une paix durable.
Maria Yossa
