À l’occasion de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée ce 28 septembre 2026, plusieurs habitants de Goma, au Nord-Kivu, dénoncent la circulation des fausses informations sur les réseaux sociaux. Ils évoquent notamment leurs conséquences sur la confiance des citoyens et sur l’accès à une information fiable.
Pour de nombreux habitants, les réseaux sociaux constituent aujourd’hui une importante source d’information. Mais la diversité des contenus qui y circulent rend parfois difficile la distinction entre informations vérifiées et informations trompeuses.
« Cela nous prive de notre droit aux vraies informations »
Françoise, une jeune étudiante de Goma, explique qu’elle s’informe principalement à travers différents groupes sur les réseaux sociaux. Elle dit y recevoir des informations dont certaines peuvent être vraies et d’autres fausses.
« Je tire mes informations dans les groupes. Certaines peuvent être fausses et d’autres vraies. Ces personnes qui transmettent de mauvaises informations cherchent parfois uniquement à faire paniquer les gens. Nous sommes déjà dans une situation qui ne nous permet pas d’avoir de mauvaises informations et cela nous prive de notre droit aux vraies informations », témoigne-t-elle.
Selon elle, la répétition de fausses informations peut également entraîner une perte de confiance envers les contenus diffusés ultérieurement, y compris lorsqu’ils sont véridiques.
« Lorsqu’une autre information arrive, même si elle est vraie, nous pouvons avoir des difficultés à y croire. Je dirai donc à ces personnes qui s’amusent à transmettre de fausses informations d’arrêter parce que ce n’est pas bon pour la santé. Lorsque nous recevons ces messages, nous y croyons et lorsqu’on découvre ensuite que c’est une fausse information, nous sommes déçus et angoissés », ajoute Françoise.
Des informations différentes selon les canaux
De son côté, Victoire, un autre habitant de Goma, affirme avoir accès à plusieurs sources d’information, mais constate que les contenus peuvent différer d’un canal à l’autre.
« Il y a certaines informations que je retrouve sur une chaîne et que je ne retrouve pas sur une autre. Les contenus ne sont parfois pas les mêmes. Face à cela, je ressens une certaine confusion parce qu’il devrait y avoir une information correcte. Celle qui passe ici devrait être la même que celle qui sera relayée là-bas », explique-t-il.
Il appelle les personnes qui publient des informations non vérifiées à davantage de responsabilité et recommande aux internautes de consulter plusieurs sources avant de partager un contenu.
« À toutes ces personnes qui s’amusent à publier de mauvaises informations, je demande de faire des efforts pour améliorer leurs informations et de se référer à d’autres sources avant de les partager. Les habitants doivent également faire attention et ne pas croire automatiquement tout ce qui est publié sur les différentes chaînes et les différents canaux, car certains diffusent de fausses informations », poursuit-il.
Facebook, WhatsApp, TikTok et Instagram parmi les sources citées
Pour Espoir Maisha, un autre habitant de Goma, l’accès à l’information est aujourd’hui facilité par plusieurs plateformes, notamment Facebook, WhatsApp, TikTok et Instagram.
Toutefois, il déplore lui aussi la circulation de contenus qui ne correspondent pas toujours à la réalité.
« En tant qu’habitant de Goma, j’ai accès à l’information et je dispose de beaucoup de sources comme Facebook, WhatsApp, TikTok et Instagram. Lorsque je reçois une information qui n’est pas vraie et que je m’en rends compte, je me sens très mal et déçu », déclare-t-il.
Il appelle les internautes à éviter de publier ou de partager des informations non vérifiées.
« Je dirai aux personnes qui publient de fausses informations de ne pas continuer parce que ce n’est pas une bonne chose. Cela prive quelqu’un de la réalité et de la vérité. Cela peut donner à une personne l’impression que quelque chose se passe alors qu’en réalité ce n’est pas le cas », conclut Espoir Maisha.
À travers ces différentes réactions, les habitants de Goma insistent sur l’importance d’un accès à une information fiable et appellent les utilisateurs des réseaux sociaux à davantage de vigilance avant de publier ou de partager un contenu.
Maria Yossa
