La situation sécuritaire reste préoccupante dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, où les violences armées continuent d’alimenter une crise humanitaire persistante. Selon un rapport de OCHA consulté ce mardi 28 avril 2026 par la rédaction de La Prunelle RDC, plus de 926.300 personnes déplacées internes ont été enregistrées entre le 1er et le 31 mars 2026.

 Le territoire de Mambasa figure parmi les zones les plus affectées, avec une dégradation continue de la situation sécuritaire.

Depuis la mi-mars, des attaques armées contre des civils dans les zones de santé de NiaNia et Lolwa ont causé la mort d’au moins 87 personnes. Plus de 390 autres, dont des femmes et des enfants, ont été enlevées.

Ces violences ont entraîné le déplacement de plus de 60.000 personnes vers d’autres localités du territoire de Mambasa ainsi que vers la province voisine de la Tshopo.

Le secteur de l’éducation a également été durement touché, avec la fermeture d’au moins 23 écoles, affectant plus de 5.400 enfants. Par ailleurs, neuf structures sanitaires ont suspendu leurs activités, privant plus de 55.000 personnes d’accès aux soins de santé.

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Dans le territoire de Djugu, les violences se sont intensifiées tout au long du mois de mars, notamment dans les zones de santé de Fataki, Damas, Mangala et Bambu. Au moins 36 civils ont été tués lors d’attaques armées, provoquant le déplacement de plus de 24.800 personnes vers différentes aires de santé, dont celle de Bambu.

Le rapport signale toutefois une accalmie observée vers la fin du mois, ayant permis un retour progressif de certaines populations dans des localités autour de Bule.

Malgré cette relative accalmie, la situation humanitaire demeure critique, notamment sur le site de Plaine Savo, où les besoins en abris, en latrines et en assistance de base restent importants.

Selon le cluster sécurité alimentaire (SECAL), environ 52.300 personnes ont bénéficié d’une assistance monétaire dans le territoire de Djugu.

Dans le territoire d’Irumu, une amélioration relative de la sécurité observée depuis janvier s’est poursuivie en mars, notamment sur les axes Komanda–Luna et Komanda–Mandibe. Cette accalmie a favorisé le retour de plus de 39.400 personnes dans une dizaine de villages situés dans les aires de santé d’Idohu, Ofayi et Pinzili, au sein de la zone de santé de Komanda.

Enfin, dans le territoire de Mahagi, environ 7.000 personnes ont été récemment déplacées à la suite de l’insécurité dans le village de Bugo, combinée à des inondations survenues le 23 mars.

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Ces intempéries ont détruit plus de 30 habitations et près de 300 hectares de cultures. La majorité des déplacés est actuellement accueillie par des familles d’accueil, tandis que d’autres vivent dans des centres collectifs, notamment des églises et des écoles.

Face à cette situation alarmante, OCHA appelle au renforcement des mesures de sécurité et à une réponse humanitaire rapide pour venir en aide aux populations affectées, dans un contexte où les attaques armées demeurent récurrentes.

Brigitte Furaha

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