Plus de 13.600 personnes déplacées ont bénéficié d’une assistance d’urgence à Kamanyola, dans la plaine de la Ruzizi au Sud-Kivu, grâce à une intervention conjointe de UNICEF et de l’ONG ADSSE. Malgré cette aide, la situation humanitaire reste critique, marquée par une insécurité alimentaire sévère et une forte vulnérabilité des enfants.
Cette assistance s’inscrit dans le cadre du projet UniRR, mis en œuvre du 3 au 10 janvier 2026 dans la zone de santé de Nyangezi, où affluent des populations fuyant les violences à Kamanyola et ses environs.
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Depuis décembre 2025, les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles de l’AFC-M23 ont provoqué des déplacements massifs, détruisant habitations et moyens de subsistance.
Selon un rapport de l’UNICEF consulté par La Prunelle RDC, l’intervention a ciblé cinq aires prioritaires : Kaboya, Kamanyola, Kashenyi, Mulira et Kambara. Au total, 2.000 ménages, soit 13.610 personnes, ont été assistés, dont plus de 70 % d’enfants (4.894 filles et 4.874 garçons).
Chaque ménage a reçu un appui multisectoriel comprenant des kits de biens non alimentaires (couvertures, ustensiles de cuisine, torches), des kits Wash (seaux, savon, produits de purification d’eau, kits d’hygiène intime pour 2.000 femmes et 656 adolescentes), ainsi que des kits d’abris pour la construction de logements temporaires.
L’intervention a également inclus la distribution de 6.000 moustiquaires pour lutter contre le paludisme.
L’approche a accordé une attention particulière aux groupes vulnérables : 71 % des ménages bénéficiaires sont dirigés par des femmes (1.514 sur 2 000), et 3 % concernent des personnes vivant avec handicap. Le rapport souligne également la présence de 13 enfants chefs de ménage, dont un âgé de seulement 9 ans, illustrant l’ampleur de la désintégration familiale liée au conflit.

Des actions de sensibilisation ont été menées à travers 19 groupes de discussion portant sur la prévention des violences basées sur le genre, l’exploitation sexuelle et les pratiques d’hygiène, dans un contexte où les risques pour les femmes et les adolescentes sont accrus.
Malgré ces efforts, les besoins restent largement insatisfaits. L’opération UniRR n’a couvert que 50 % des besoins identifiés lors des évaluations rapides. Certaines zones, notamment Kalunga, demeurent inaccessibles aux acteurs humanitaires en raison des restrictions imposées par les autorités de facto de l’AFC-M23.
Le rapport met en lumière une situation alarmante : 52 % des familles ne mangent qu’un seul repas par jour en raison de l’inaccessibilité des champs, 84 % des enfants sont déscolarisés et souffrent de traumatismes liés aux violences, tandis que des dizaines de milliers de personnes continuent de fuir vers le Burundi.
Face à cette crise, un appel urgent est lancé pour mobiliser davantage d’acteurs humanitaires, notamment le Programme Alimentaire Mondial (PAM), afin de combler les insuffisances et prévenir une aggravation de la situation.
Si cette intervention a permis d’éviter le pire, les acteurs humanitaires préviennent que sans financement accru et sans accès sécurisé aux zones affectées, Kamanyola et ses environs risquent de basculer dans une crise encore plus profonde, marquée par des risques accrus de famine et d’épidémies.
