Un forum de discussion réunissant des femmes, des jeunes et des leaders communautaires s’est tenu mercredi 29 avril 2026 à Bukavu, dans la salle ACCB de Labotte avec pour objectif de promouvoir la collaboration et la cohésion sociale dans un contexte marqué par des tensions persistantes à l’Est de la République démocratique du Congo.
Organisée par le mouvement Rien Sans Les Femmes RDC en collaboration avec Tous pour le Genre, le Développement et la Paix, GEDROFE et DFJ, cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Impact : Femmes de la RDC, actrices de la paix et de la transformation sociale » soutenu par Kvinna Till Kvinna. Elle constitue le premier forum trimestriel d’une série prévue dans 28 points de coordination à travers le pays.
L’initiative vise à créer des espaces inclusifs d’échanges permettant d’identifier les causes profondes des conflits communautaires et de proposer des solutions adaptées aux réalités locales. À Bukavu, une diversité d’acteurs (femmes leaders, jeunes activistes et responsables communautaires) ont pris part aux discussions, dans une approche participative et sensible aux enjeux de genre.
Les participants ont analysé les conflits dans leur globalité, en mettant en lumière leurs causes sociales, économiques et culturelles, ainsi que leurs conséquences sur les communautés. Ils ont également exploré des pistes de solutions concrètes axées sur la gestion pacifique des différends.
Femmes et jeunes au cœur des mécanismes de paix
Au cœur des échanges, la question de la participation des femmes et des jeunes dans les processus de paix a été largement débattue. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer leurs capacités en leadership, en médiation communautaire et en plaidoyer, afin de leur permettre de jouer un rôle actif dans la prévention et la résolution des conflits.
Ce forum s’inscrit dans une dynamique plus large visant à corriger la sous-représentation de ces groupes dans les instances de prise de décision, alors même qu’ils sont parmi les plus affectés par les violences et les crises sociales.
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants pour renforcer la cohésion sociale et prévenir les tensions. Parmi celles-ci figurent la sensibilisation à travers les médias, l’organisation de tribunes d’expression populaire, la mise en place de clubs de paix, la promotion du dialogue communautaire et le plaidoyer auprès des autorités.
Les participants ont également souligné l’importance d’impliquer les familles et de produire des contenus médiatiques dédiés à la promotion de la paix.
« Personnellement, j’ai été honoré de participer à cet atelier, car il m’a permis de découvrir de nombreux aspects, notamment liés à la résolution 1325 ainsi qu’à la gestion des conflits. Au-delà de cela, cet espace m’a offert l’opportunité de rencontrer différents acteurs sociaux et jeunes leaders, et d’échanger autour de plusieurs thématiques et enjeux importants pour notre société. » a dit Daniel Musaka, du Département Paix, Sécurité et Cohésion Sociale à La Prunelle RDC asbl, participant à ces assises.
L’activité contribue notamment à renforcer les capacités des participants à gérer pacifiquement les conflits, à améliorer la confiance mutuelle et à encourager une implication accrue des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix.
Prévu dans plusieurs provinces du pays, ce cycle de forums ambitionne de poser les bases d’une paix inclusive et durable en RDC, en misant sur le dialogue communautaire et l’engagement des acteurs locaux.
À Bukavu, cette première rencontre a ainsi permis de jeter les bases d’une collaboration renforcée entre organisations et communautés, dans un contexte où les initiatives locales apparaissent essentielles pour faire face aux défis sécuritaires et sociaux.
