Le Syndicat des Administratifs et Enseignants du Congo (SYADEC), section du Nord-Kivu, se félicite du lancement du processus de bancarisation des salaires des enseignants dans les territoires de Rutshuru et Masisi, relevant de la province éducationnelle Nord-Kivu I.
Cette réforme, qui vise à moderniser et sécuriser le paiement des rémunérations, a été annoncée lors d’une réunion tenue à Goma entre les responsables de Caritas Développement Goma, les syndicats locaux et les autorités éducatives.
Intervenant ce 30 avril 2026, les responsables du SYADEC-Nord-Kivu, dont le siège provincial est situé à Nyamilima, qualifient cette initiative de « bouclier » contre certaines pratiques décriées dans l’ancien système de paiement.
Lire aussi : RDC : L’enseignant, héros silencieux d’une nation en attente de cohérence (Editorial)
Selon Pacifique Ntawanga, secrétaire exécutif provincial du syndicat, la bancarisation représente une avancée majeure pour l’autonomie des enseignants.
« Nous saluons ce processus. Il va réduire les erreurs et surtout les manœuvres observées dans la gestion des salaires. Désormais, chaque enseignant recevra directement son salaire sur son propre compte mobile, sans passer par les chefs d’établissement », a-t-il déclaré.
Le syndicat dénonce plusieurs dérives qui caractérisaient le système précédent. Certains responsables d’écoles tardaient à informer les enseignants après réception des fonds, imposaient des taux défavorables ou procédaient à des retenues injustifiées (dîmes, frais divers, etc.).
Dans certains cas, des irrégularités administratives étaient exploitées pour détourner des salaires, une situation jugée « inacceptable » par le SYADEC.
Avec le nouveau mécanisme basé sur le mobile money individuel, ces pratiques devraient être considérablement réduites, chaque enseignant devenant gestionnaire direct de sa rémunération.
Malgré cette avancée saluée, le SYADEC appelle à aller plus loin, notamment en accélérant le paiement des salaires, en particulier pour les nouvelles unités, souvent confrontées à des retards prolongés.
Ce système de bancarisation, qui remplace le paiement via les comptes des chefs d’établissement, s’inscrit dans une dynamique de réforme visant à renforcer la transparence, la traçabilité et la dignité des enseignants dans l’exercice de leur profession.
Une réforme attendue, qui pourrait marquer un tournant dans la gouvernance salariale du secteur éducatif en province du Nord-Kivu.
Mwenge Kake
