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    Réunie vendredi à Musienene, la Coordination provinciale de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu a dressé un tableau alarmant de la situation sécuritaire, humanitaire et socio-économique dans la province, dénonçant une dégradation persistante malgré les efforts du gouvernement congolais et de ses partenaires.

    « Préoccupée par la situation sus évoquée qui ne cesse de se dégrader davantage, malgré les multiples efforts fournis par le gouvernement congolais et ses partenaires », la structure citoyenne évoque une province plongée dans une instabilité généralisée. Elle pointe notamment « l’activisme des terroristes ADF-MTM » et « l’agression du pays par l’armée rwandaise sous le label du M23-AFC », qui alimentent les violences et aggravent la crise humanitaire.

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    Selon la déclaration, la situation sur le terrain est marquée par « les déplacements des populations internes dans tous les sens et sans assistances appropriées », mais aussi par une série d’abus et de dérives.

     « L’installation des administrations parallèles, le recrutement forcé des jeunes, le musellement, assassinats et meurtre, les menaces contre les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits humains, les enlèvements ».

    La Coordination dénonce également « le remplacement des autorités coutumières par les animateurs rebelles », ainsi que « les conflits de pouvoir et conflits fonciers » dans plusieurs entités.

    Sur le plan économique et administratif, elle évoque « la liquidation de certaines sociétés de gardiennage à Goma, l’instauration des monopoles de vente de certains produits de première nécessité et des services, la multiplicité des taxes », ainsi que « l’occupation forcée des terres, des maisons et des arrestations arbitraires dans les zones occupées par les rebelles M23-AFC ».

    À ces faits s’ajoutent des violences extrêmes. La société civile fait état « des incendies des villages entiers » et « des massacres silencieux des populations civiles dans certaines entités par les ADF-MTM et les RDF-M23-AFC ».

    Elle déplore également « la lenteur dans l’exécution de certaines actions de développement local », la « non indemnisation de certaines populations affectées par le projet de construction de la route Kasindi-Beni-Butembo » ainsi que « la problématique de l’assainissement dans les villes et grandes agglomérations ».

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    Face à ce constat, la Coordination provinciale formule une série de recommandations à différents niveaux.

    À l’Organisation des Nations Unies et à la communauté internationale, elle demande « d’appliquer strictement les résolutions 2773 et 2808 », de « sanctionner les récalcitrants » et de « mobiliser l’aide humanitaire en faveur des populations affectées ». Elle appelle aussi ces acteurs « à s’abstenir de soutenir le Rwanda dans sa politique d’agression et d’occupation de l’Est de la RDC ».

    À la Cour pénale internationale, elle recommande « de se saisir du rapport Mapping et de déférer les présumés auteurs devant la justice internationale pour des sanctions exemplaires ».

    L’Union africaine est, quant à elle, invitée « à contribuer efficacement à la restauration de la paix durable dans la sous-région des Grands Lacs ».

    S’adressant au gouvernement congolais, la société civile insiste sur la nécessité « de s’assumer comme un État souverain en renforçant les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité », mais aussi « d’éviter de signer des accords qui consacrent l’impunité ».

    Elle appelle également à « renforcer les mesures d’encadrement des VDP-Wazalendo et matérialiser le processus de la Réserve Armée de la Défense (RAD) », tout en demandant « d’associer la société civile dans l’évaluation des opérations conjointes FARDC-UPDF ».

    Elle plaide en outre pour « la mobilisation des fonds pour l’assistance humanitaire aux déplacés de guerre se trouvant dans les zones sous administration du gouvernement » et pour « un allègement fiscal en faveur des opérateurs économiques du Nord-Kivu ».

    Au niveau provincial, la Coordination recommande « de créer un cadre de concertation permanent avec les acteurs de la société civile », « de supprimer les barrières illégales et de réglementer les services habilités », et appelle le gouverneur militaire « à briser les barrières entre lui et ses administrés pour une bonne collaboration au profit de la gouvernance participative ».

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    Enfin, la population est exhortée « à demeurer vigilante et à collaborer avec les forces de défense et de sécurité », « à dénoncer les antivaleurs » et « à développer la culture de la protection de l’environnement et la gestion rationnelle des déchets, notamment en évitant de jeter les déchets dans les caniveaux et dans la rue ».

    Jean-Luc M.

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