Des responsables des médias de Bukavu se sont engagés, mardi 21 avril 2026, à lutter contre les discours de haine et la désinformation, à travers l’adoption d’un acte d’engagement encadrant les pratiques journalistiques en période de conflit. Cette initiative est intervenue à l’issue d’un forum organisé par Journalistes pour la Promotion de la Démocratie et des Droits Humains (JPDDH), avec l’appui de la National Endowment for Democracy.
Réunis autour de la problématique de la responsabilité des médias dans un contexte sécuritaire fragile, les participants ont convenu de promouvoir une information « authentique, vérifiée et responsable », afin de limiter la propagation des rumeurs et des messages incitant à la violence.
Selon Gabriella Munkwa Coordonnatrice de JPDDH, cet engagement intervient dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo et la montée des discours haineux.
« Dans une période où les conflits armés persistent, la prolifération des discours de haine menace la cohésion nationale et la protection des civils. L’information authentique devient plus que jamais nécessaire », a-t-elle déclaré.
Elle a insisté sur le rôle central des journalistes en tant que garants de l’information crédible.
« Les journalistes jouent un rôle pivot dans la lutte contre les discours de haine en période de conflits armés, en tant que gardiens de l’information vérifiée. »
L’acte d’engagement adopté s’appuie sur plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Constitution congolaise, le code de déontologie du journaliste ainsi que les standards promus par l’Organisation internationale de la Francophonie.
Le texte rappelle que les discours de haine et la désinformation constituent « une menace pour la paix, la cohésion sociale et la démocratie », en particulier à travers les réseaux sociaux.
À travers cet engagement, les journalistes signataires s’interdisent notamment la diffusion de contenus incitant à la haine, à la discrimination ou à la violence, la publication d’informations non vérifiées ou manipulées, la reprise de contenus viraux sans vérification préalable.
Ils s’engagent également à vérifier et recouper toute information avant diffusion, corriger rapidement toute information erronée, modérer les espaces numériques pour limiter les propos haineux ou encore contextualiser les contenus sensibles afin d’éviter d’alimenter les tensions.
« Les médias exercent leur mission dans le respect de la dignité humaine, de la vérité, de la paix sociale et de la cohésion nationale », stipule le document.
La charte met également l’accent sur la promotion du vivre-ensemble, en appelant les journalistes à éviter les stéréotypes et à refléter la diversité de la société congolaise.
Elle prévoit en outre le renforcement des capacités des professionnels des médias à travers des formations continues en éthique, fact-checking, sécurité physique et numérique.
Enfin, les signataires s’engagent à adhérer aux mécanismes d’autorégulation et à collaborer avec les instances de régulation et la société
Ce document se veut un cadre de référence pour l’ensemble des journalistes de la RDC, appelés à intégrer ces principes dans leurs pratiques professionnelles.
« Les journalistes et responsables des médias se mettent d’accord sur un certain nombre de principes et d’attitudes pour lutter contre les discours de haine », a insisté Gabriella Munkwa.
Dans ce contexte de tensions, cette initiative marque une volonté du secteur médiatique de contribuer activement à la paix et à la cohésion sociale dans la province du Sud-Kivu.
