Des détonations d’armes à feu sont entendues depuis tôt ce mercredi 16 septembre 2026 dans plusieurs quartiers de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Les tirs seraient notamment perceptibles depuis les collines surplombant la ville et concernent les trois communes de Kavimvira, Mulongwe et Kalundu.
À ce stade, l’origine exacte des tirs ainsi que l’identité des personnes qui les effectuent n’ont pas été officiellement communiquées par les autorités. La situation suscite néanmoins de l’inquiétude parmi les habitants.
Selon des informations recueillies localement par le média averticom, certains élèves qui se rendaient à l’école ont été contraints de rebrousser chemin. Plusieurs dépôts et commerces ont également gardé leurs portes fermées au cours de la matinée.
La circulation routière reste toutefois relativement normale et plusieurs activités se poursuivent dans différents quartiers de la ville, malgré la crainte provoquée par les détonations.
La détention de « James Fyeka Adui » au cœur des tensions
Ces tirs interviennent alors que la détention du commandant Wazalendo autoproclamé général James Fyeka Aduï continue de susciter des réactions à Uvira.
James « Fyeka Adui » a été interpellé le 5 septembre 2026 par les services de sécurité à Uvira. Des informations publiées localement rapportent qu’il demeurait détenu après des informations contradictoires ayant circulé sur une éventuelle libération.
Plusieurs sources locales avaient ensuite fait état de démarches engagées par des responsables Wazalendo auprès des autorités militaires afin de trouver une issue à cette situation.
Le 6 septembre, des informations contradictoires avaient circulé au sujet de sa libération. Certaines sources avaient annoncé qu’il avait été relâché après son audition, avant que d’autres informations ne signalent qu’il demeurait détenu.
Un communiqué non signé qui circule sur les réseaux sociaux et qui est attribué à certains groupes d’autodéfense appelle à la libération sans condition de James Fyeka Aduï. Le document menace également de paralyser les activités dans la ville d’Uvira jusqu’à sa libération.
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L’authenticité de ce communiqué n’a pas été établie de manière indépendante.
Une affaire qui remonte au mois de mai
La situation autour de James « Fyeka Adui » n’est pas nouvelle. En mai dernier, une invitation des services de renseignement militaire de la 33ᵉ Région militaire, exploitée par Averticom, lui demandait de se présenter dans les installations du renseignement militaire situées sur l’avenue du Stade, au quartier Kimanga, dans la commune de Kalundu.
Selon ce document daté du 20 mai 2026, le motif de la convocation était lié au « renseignement ». Les services avertissaient également qu’en cas de refus d’obtempérer, une mesure sévère serait prise à son encontre.
Cette convocation intervenait quelques jours après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un message vocal attribué à James « Fyeka Adui ». Dans cet enregistrement, l’auteur accusait le commandant de la 33ᵉ Région militaire de retenir des fonds destinés aux groupes armés locaux Wazalendo.
L’auteur de l’audio évoquait également le retrait des combattants Wazalendo de certaines entités, notamment Luvungi et Sange, et menaçait d’organiser ce qu’il qualifiait de « manifestation militaire » à Uvira et dans le territoire.
Quelques jours après cette affaire, l’Unité spéciale des Wazalendo pour les opérations au Sud-Kivu avait annoncé la suspension de James « Fyeka Adui » de ses fonctions de porte-parole.
Dans une correspondance datée du 25 mai 2026, les responsables de cette structure lui reprochaient notamment d’avoir diffusé un audio sur les réseaux sociaux en violation des consignes internes du mouvement.
Cette suspension intervenait dans un contexte de tensions déjà importantes entre différentes composantes des groupes Wazalendo opérant dans la région.
Averticom évoque également la circulation, en mai, d’un audio attribué à Fyeka Aduï et présentant des menaces d’actions de contestation contre le commandement de la 33ᵉ Région militaire.
Des activités perturbées dans la ville
Les détonations de ce mercredi ont provoqué des perturbations dans certains secteurs d’Uvira.
Des élèves ont rebroussé chemin, selon des informations recueillies localement, tandis que plusieurs commerces et dépôts sont restés fermés pendant la matinée. La circulation n’a toutefois pas été totalement interrompue et certaines activités se poursuivent dans la ville.
Le membre de la Nouvelle Société civile congolaise, axe Sud du Sud-Kivu, Freddy Mudeba, contacté par La Prunelle RDC, rapporte également que les détonations, dont certaines auraient été tirées en l’air selon son témoignage, ont provoqué la panique dans plusieurs quartiers.
La situation a ainsi entraîné un ralentissement de certaines activités, notamment dans les écoles et les commerces, selon cette source.
À ce stade, aucun bilan humain lié à ces tirs ne peut toutefois être établi de manière fiable.
Une situation encore à clarifier
Alors que les tirs entendus depuis le matin alimentent les inquiétudes à Uvira, la question de la détention de James Fyeka Aduï demeure au centre des préoccupations.
La situation sécuritaire dans et autour d’Uvira reste par ailleurs fragile. Des affrontements ont récemment été signalés dans les Hauts-Plateaux du territoire d’Uvira et dans les zones voisines, tandis que les autorités militaires ont fait état de nouvelles opérations dans la région.
Dans ce contexte, l’origine des tirs entendus ce mercredi et leur lien éventuel avec les tensions autour de la détention de James Fyeka Aduï restent à établir.
La priorité demeure la protection de la population civile et la préservation du calme dans la ville, alors que les habitants cherchent à poursuivre leurs activités malgré les détonations.
Divine Busime
