À l’occasion de la Journée nationale du Génocost, célébrée ce 2 août 2026, la Société civile du Sud-Kivu a appelé à faire toute la lumière sur les crimes commis en République démocratique du Congo depuis plus de trois décennies. Dans une déclaration rendue publique à Bukavu, elle affirme que les conflits armés qui ont endeuillé le pays sont étroitement liés à l’exploitation des ressources naturelles et plaide pour la justice, les réparations ainsi qu’une gestion souveraine des richesses nationales.
Dans son message signé par sa présidente provinciale, Me Néné Bintu Iragi, la Société civile rend hommage aux millions de Congolaises et de Congolais tués au cours des guerres successives.
« Aujourd’hui, 2 août 2026, journée du Génocost, nous nous inclinons devant la mémoire de millions de Congolaises et Congolais tombés à cause des guerres, des massacres et des pillages qui durent depuis plus de trois décennies », déclare-t-elle.
Selon cette organisation citoyenne, les violences qui frappent la RDC ne peuvent être analysées sans tenir compte des enjeux économiques liés à l’exploitation des minerais stratégiques.
« On ne tue pas seulement pour tuer. On tue aussi pour prendre la terre du Kivu, l’or, le cuivre, le cobalt, pour contrôler les routes commerciales et imposer la pauvreté », soutient la Société civile du Sud-Kivu.
Elle estime que les ressources naturelles de la RDC doivent avant tout profiter aux populations congolaises.
« Nos richesses doivent profiter d’abord aux Congolais. Le développement ne peut pas se construire sur des fosses communes », affirme-t-elle.
Dans sa déclaration, la Société civile réclame également des mesures concrètes en faveur des victimes des conflits. Elle estime que la reconnaissance du Génocost doit être accompagnée d’actions de réparation.
« Reconnaître le Génocost, c’est aussi indemniser les familles, reconstruire les villages détruits, scolariser les enfants orphelins et soigner les survivants », souligne-t-elle, tout en estimant que le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) « n’a pas encore gagné ce pari et a beaucoup de défis à relever au regard de l’ampleur des crimes ».
L’organisation appelle par ailleurs l’État congolais, la communauté internationale ainsi que les principaux pays consommateurs de minerais stratégiques, notamment les États-Unis et la Chine, à renforcer les mécanismes de traçabilité des minerais.
« Nous appelons l’État congolais et la communauté internationale, spécialement les USA et la Chine, à tracer l’origine des minerais, à sanctionner les réseaux mafieux et à investir dans une économie locale qui crée des emplois dignes », peut-on lire dans la déclaration.
La Société civile du Sud-Kivu annonce qu’elle poursuivra ses actions de sensibilisation et de plaidoyer afin de préserver la mémoire des victimes et de lutter contre la prédation économique.
« Notre engagement se poursuivra à travers les sensibilisations et l’éveil de conscience, la dénonciation de toutes les formes de prédation économique et l’accompagnement des communautés victimes pour qu’elles vivent dignement », affirme Me Néné Bintu Iragi.
S’adressant aux différentes composantes de la population, l’organisation adresse un message de solidarité aux victimes et un appel à l’engagement des jeunes générations.
« Aux victimes : vous n’êtes pas oubliées. Aux survivants : votre douleur est notre combat. Aux jeunes : construisez une RDC où la richesse ne coûtera plus de vies », déclare-t-elle.
Enfin, la Société civile du Sud-Kivu réitère plusieurs revendications, notamment la recherche de la vérité, la justice, les réparations, une gestion souveraine des ressources naturelles, l’industrialisation locale des minerais et la protection des défenseurs des droits humains.
« Nous refusons une paix des cimetières et une économie du sang. Le Congo appartient aux Congolais ! », conclut la déclaration signée par Me Néné Bintu Iragi, présidente du Bureau de coordination provinciale de la Société civile du Sud-Kivu.
