L’annonce d’un dialogue national inclusif par le président Félix Tshisekedi, à Kinshasa, continue de susciter des réactions au sein de la société congolaise. À Bukavu, plusieurs acteurs sociaux estiment que cette initiative intervient à un moment crucial, alors que le pays fait face à une crise sécuritaire persistante, particulièrement dans sa partie orientale.
Contacté par La Prunelle RDC ce mardi 22 juillet 2026, Jean-Morreau Tubibu, acteur social basé à Bukavu, considère que la tenue d’un dialogue national inclusif représente une étape importante vers le rétablissement de la paix en République démocratique du Congo.
Selon lui, cette démarche répond à un appel de longue date lancé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), qui plaident depuis plusieurs années pour un dialogue entre Congolais afin d’aborder les questions liées à la gouvernance et à la cohésion nationale.
« Quand c’est le président de la RDC qui dit lui-même qu’il accepte qu’il y ait dialogue, c’est déjà un pas vers la paix. La paix, c’est un état d’âme, c’est un état collectif de cohésion et de cohabitation pacifique. Le souhait de dialogue est un signe d’expérience », affirme-t-il.
Un dialogue qui devra être réellement inclusif
Jean-MorreauTubibu estime toutefois que certaines conditions évoquées autour de ce dialogue pourraient limiter sa portée.
Il fait notamment référence à la déclaration du chef de l’État selon laquelle le dialogue ne concernerait pas « les personnes ayant pris les armes et tué des Congolais ». Pour lui, cette position pourrait constituer un obstacle à l’objectif recherché.
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L’acteur social rappelle que le dialogue demeure un instrument essentiel de résolution des conflits et souligne que la RDC possède déjà une expérience en la matière, citant notamment la Conférence nationale souveraine, le processus de Goma ainsi que d’autres initiatives de dialogue entre le Gouvernement et les acteurs de l’Est du pays.
« Nous pensons que ce dialogue est opportun et important. La guerre aura trop duré. Depuis plus de trois ans, des populations sont déplacées, des écoles bombardées, des enfants tués ou séparés de leurs familles, des femmes violées. Cela doit cesser. Pour que ce dialogue soit utile et réellement inclusif, toutes les composantes de la nation doivent y être représentées : l’opposition, la diaspora, les jeunes, les femmes et les autres forces vives », insiste-t-il.
Les jeunes appelés à parler d’une seule voix
De son côté, Mukenge Totoro, acteur social et leader de la Nouvelle Génération Congolaise, salue l’annonce du dialogue et appelle les jeunes à s’organiser afin de participer efficacement au processus.
Il regrette que les organisations de jeunesse n’aient pas réussi plus tôt à mettre en place une représentation commune.
« Malheureusement, beaucoup n’ont pas compris à temps l’importance de cette démarche, ce qui nous a fait perdre un temps précieux dans des débats et des considérations secondaires. Nous avons ainsi perdu plus d’une année qui aurait dû être consacrée à l’organisation et au renforcement de notre représentativité », déplore-t-il.
À la suite de la confirmation par le chef de l’État de la tenue du dialogue et du mandat confié aux confessions religieuses pour accompagner ce processus, Mukenge Totoro estime qu’il est désormais temps de passer à l’action.
Il invite les organisations de jeunesse, les mouvements citoyens et les leaders de la nouvelle génération congolaise à unir leurs efforts afin de constituer une représentation crédible et légitime.
« Unissons-nous dès maintenant afin de définir une stratégie commune et de mettre en place une représentation unique, crédible et légitime pour défendre les intérêts de notre génération », conclut-il.
Alors que les discussions sur les modalités du dialogue national se poursuivent, plusieurs acteurs de la société civile estiment que la réussite de cette initiative dépendra de son caractère véritablement inclusif, de la confiance entre les parties prenantes et de la capacité des participants à privilégier l’intérêt général dans la recherche de solutions durables aux crises que traverse la République démocratique du Congo.
