Un retour progressif au calme a été observé ce lundi 11 mai 2026 dans plusieurs entités de la plaine de la Ruzizi, en territoire d’Uvira au Sud-Kivu, après le retrait des éléments de l’AFC-M23 de certaines localités.
Selon Freddy Mudeba, coordinateur provincial adjoint de la Nouvelle Société Civile Congolaise axe Sud, les combattants du M23 se sont retirés du groupement Lemera, de plusieurs villages du groupement Runingu ainsi que des localités de Sange, Luberizi et Bwegera.
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D’après lui, les éléments rebelles se seraient repliés jusqu’au niveau de Luvungi.
Malgré quelques incidents signalés dans la journée, notamment des tirs isolés attribués aux Wazalendo, la situation est restée globalement calme dans plusieurs agglomérations concernées.
« Il s’observe quelques coups de balles qui ont été tirés dans différents milieux par les Wazalendo, mais dans le sens de manifester leur joie, sans aucun dégât. Mais tout est calme bien qu’il y ait eu des perturbations des activités socio-économiques. Nous assistons maintenant à des petites activités commerciales au niveau des différents étalages », a déclaré Freddy Mudeba.
Après plusieurs jours de tensions et de perturbations liées à l’avancée des rebelles dans cette partie du Sud-Kivu, quelques commerces et petits marchés ont commencé à reprendre timidement leurs activités.
Cependant, plusieurs acteurs sociaux restent préoccupés par les risques sécuritaires qui pourraient suivre ce retrait des éléments de l’AFC-M23.
Le coordonnateur national du mouvement citoyen Machozi ya Raïya, Dunia Amisi, appelle au rétablissement rapide de l’autorité de l’État dans les zones concernées.
Dans une correspondance adressée au gouverneur du Sud-Kivu, cet acteur de la société civile estime que le retrait des rebelles pourrait créer un vide sécuritaire propice à de nouveaux actes d’insécurité.
Selon lui, cette situation fait craindre des pillages, des incursions de groupes armés ainsi que d’autres violences susceptibles d’affecter davantage des populations déjà fragilisées par les affrontements récents.
Dans cette lettre, Dunia Amisi demande notamment le redéploiement immédiat des autorités administratives, la présence effective des forces de défense et de sécurité, la réouverture des services publics de base ainsi que la mise en place de mesures humanitaires en faveur des populations affectées.
Alors que plusieurs habitants tentent progressivement de reprendre leurs activités quotidiennes, les appels se multiplient pour éviter une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire dans la plaine de la Ruzizi.
