La Société Civile Forces Vives du territoire de Mwenga alerte sur la situation des enseignants de la province éducationnelle Sud-Kivu 3, privés de salaires depuis plusieurs mois dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu.

Dans une correspondance datée du 5 mai 2026 et adressée au directeur de l’IFOD à Kinshasa, consultée par la rédaction de La Prunelle RDC ce vendredi 8 mai, cette structure citoyenne dénonce le non-paiement des salaires des mois de mars et avril 2026.

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La lettre, signée par le président de la Société civile Forces vives de Mwenga, Samuel Lungele Itebo, a également été transmise à plusieurs autorités nationales, provinciales et éducatives, notamment à la ministre nationale de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, à la DINACOP, au gouverneur du Sud-Kivu, aux députés élus de Mwenga, à la Caritas Uvira ainsi qu’aux responsables éducatifs du Sud-Kivu 3.

Selon la Société civile, cette situation plonge les enseignants et leurs familles dans une précarité inquiétante dans un contexte déjà marqué par l’insécurité persistante liée à la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Depuis le mois de mars et avril, les enseignants du territoire précité ont été privés de leur salaire, chose qui constitue un génocide scientifique », peut-on lire dans cette correspondance.

La structure citoyenne estime que cette crise risque de compromettre sérieusement l’avenir de l’éducation dans le territoire de Mwenga, particulièrement en cette période des épreuves nationales.

« Cette situation affecte gravement la vie de ces enseignants et de leurs familles et risque de compromettre l’avenir de l’éducation dans notre territoire pendant cette période des épreuves nationales où le territoire est caractérisé par la guerre entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda », poursuit le document.

La Société civile révèle également que certaines écoles accusent encore des arriérés de salaire datant de l’année 2025.

« Jusqu’à présent, la Caritas et l’IFOD ne disent rien sur ce problème », déplore-t-elle.

Dans cette correspondance, la Société civile Forces vives de Mwenga dénonce plusieurs « irrégularités et inégalités » dans le processus de paiement des enseignants, mettant en cause la Caritas Uvira, l’IFOD ainsi que le manque de suivi du gouvernement congolais.

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Elle affirme par ailleurs que parmi les 145 territoires que compte la RDC, seuls les territoires de Mwenga et Fizi seraient actuellement confrontés à cette situation de non-paiement des enseignants.

Face à cette crise, la Société civile condamne fermement cette pratique et formule plusieurs recommandations aux autorités compétentes.

Elle demande notamment la mise en place urgente d’un nouveau mécanisme de paiement permettant aux enseignants de recevoir directement leurs salaires sur leurs comptes Airtel Money depuis la Banque Centrale du Congo (BCC), sans passer par des intermédiaires tels que l’IFOD et la Caritas.

La structure exige également le paiement des arriérés de certaines écoles ainsi que les salaires des mois de mars et avril 2026 avant le 15 mai prochain.

« Il faut replacer les enseignants du territoire de Mwenga dans un État d’ordre et de droit comme les autres », insiste la Société civile, qui appelle aussi l’État congolais à assurer un suivi régulier du paiement des salaires des enseignants.

La Société civile Forces vives de Mwenga espère que ses recommandations seront prises en considération afin de répondre rapidement aux besoins des enseignants de cette partie du Sud-Kivu.

Brigitte Furaha

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