La Société Civile Forces Vives du territoire de Mwenga annonce l’organisation d’une journée morte le 15 mai 2026 afin de dénoncer ce qu’elle qualifie de « mauvaise gestion » de la paie des enseignants par la Caritas Uvira et l’IFOD dans la province éducationnelle Sud-Kivu 3.
Dans une correspondance datée du 11 mai 2026 et adressée à l’administrateur du territoire de Mwenga, consultée par La Prunelle RDC, le bureau de coordination territoriale de cette structure citoyenne accuse l’IFOD et la Caritas Uvira d’être impliqués dans plusieurs irrégularités liées au paiement des enseignants.
L’annonce est de Samuel Lungele Itebo, président de la Société civile Forces vives de Mwenga.
Selon la Société civile, plusieurs « exactions graves » seraient commises dans le cadre du processus de paie des enseignants, notamment des actes qualifiés de concussion, d’extorsion, de vol et de violation des droits des enseignants.
« Les enseignants et les élèves sont les premières victimes de cette situation », dénonce cette structure citoyenne.
La Société civile cite plusieurs cas qu’elle considère comme des irrégularités dans la gestion des salaires.
Elle évoque notamment les retards de paiement enregistrés en 2025 pour les mois de février, mars, avril et mai, qui avaient conduit les enseignants à organiser des mouvements de grève.
Le document mentionne également plusieurs cas de manque d’argent dans certaines enveloppes salariales. Selon la Société civile, l’Institut Nuunda n’aurait toujours pas reçu l’enveloppe salariale du mois d’avril 2025.
L’organisation dénonce aussi un manque de 540.000 francs congolais dans l’enveloppe globale de l’École primaire Kashombo lors du paiement du mois d’août 2025, ainsi qu’une privation du salaire du mois de juillet 2025 à l’École primaire Lwano.
Un autre cas cité concerne un déficit de 100.000 francs congolais dans l’enveloppe salariale des mois de janvier et février 2026 de l’École primaire Kabake.
« Et la liste continue », affirme la Société civile dans cette correspondance.
La structure indique également que plusieurs élèves du territoire de Mwenga auraient payé d’autres frais en remplacement des frais de participation aux épreuves nationales des années scolaires 2024-2025 et 2025-2026.
Selon la Société civile, les enseignants du territoire totalisent actuellement 71 jours sans salaire.
« Aujourd’hui, les enseignants du territoire de Mwenga totalisent 71 jours sans salaire alors que l’État congolais exige d’eux un travail convenable et sous pression », regrette-t-elle.
Face à cette situation, la Société civile Forces vives de Mwenga demande à l’État congolais de résilier le contrat liant la Caritas Uvira et l’IFOD au système de paiement des enseignants.
Elle propose la mise en place d’un mécanisme de paiement direct via Airtel Money afin que les enseignants puissent recevoir leurs salaires sans intermédiaires.
La structure exige également le paiement des salaires des mois de mars et avril 2026 avant le 15 mai prochain ainsi que la régularisation de tous les cas litigieux enregistrés entre 2025 et 2026.
Dans cette même correspondance, la Société civile appelle toutefois les enseignants à ne pas déclencher de grève.
En revanche, elle invite toute la population de Mwenga à observer une journée morte le vendredi 15 mai 2026, de 6 heures à 15 heures.
Durant cette période, plusieurs activités seront suspendues, notamment la circulation des motos, les activités commerciales, les services de transfert d’argent, les écoles, les restaurants ainsi que certaines activités artisanales.
À travers cette action, la Société civile affirme vouloir dénoncer « le retard perpétré du paiement des salaires des enseignants » et exiger « la résiliation du contrat signé entre l’État congolais, la Caritas Uvira et l’IFOD ».
« Le salaire de l’enseignant est un droit sacré et ne doit pas être commercialisé avant d’atteindre l’enseignant », insiste la structure citoyenne.
