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    Le Bloc Citoyen Amani alerte sur une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire et humanitaire dans plusieurs territoires du Sud-Kivu. Dans un rapport de monitoring publié mercredi 6 mai 2026, cette structure indique avoir documenté au moins 412 cas de violations graves des droits humains durant le mois d’avril dans les territoires de Shabunda, Fizi et Mwenga.

    Selon le rapport, ces violations sont notamment caractérisées par des meurtres ciblés, des violences sexuelles, des arrestations arbitraires, des pillages, des braquages armés, des extorsions aux barrières illégales ainsi que des interruptions de la scolarité des enfants.

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    « Il y a multiplication des exactions imputées à des porteurs d’armes étatiques et non étatiques. La persistance de ces violations s’inscrit dans un contexte marqué par la prolifération des groupes armés, l’affaiblissement du contrôle effectif de l’État, l’impunité persistante des auteurs et la vulnérabilité croissante des communautés locales », souligne le Bloc Citoyen Amani.

    L’organisation affirme que les données recueillies reposent sur des témoignages directs de victimes et de témoins vivant quotidiennement ces violences.

    Le territoire de Shabunda arrive en tête avec 184 cas documentés, soit 44,66 % de l’ensemble des violations recensées.

    Le rapport décrit une situation marquée par des violences armées récurrentes, des tracasseries systématiques contre les civils ainsi que des abus commis aussi bien par des groupes armés que par certains éléments des forces de sécurité.

    Parmi les incidents documentés figurent notamment des pillages suivis de tortures et de violences sexuelles sur le site minier de Chankindo, des viols de femmes et braquages armés sur l’axe Nyalubemba-Kimbili, le meurtre de trois membres d’une même famille sur l’axe Kigulube, des actes d’extorsion et de pillage attribués à des militaires FARDC, la multiplication des barrières illégales imposant des taxes allant de 2 000 à 15.000 francs congolais, des affrontements entre groupes Wazalendo dans la chefferie de Wakabango, l’arrêt des cours dans plusieurs villages à cause des conflits fonciers ainsi que le meurtre de civils et le pillage de plusieurs millions de francs congolais à Mulanga.

    Dans le territoire de Fizi, le Bloc Citoyen Amani rapporte 92 cas de violations des droits humains, soit 22,33 % des incidents recensés.

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    Le rapport évoque des homicides, des tirs nocturnes, des actes de banditisme armé, des détentions arbitraires ainsi que des abus commis lors de patrouilles sécuritaires.

    Parmi les faits signalés on note des affrontements entre groupes Wazalendo à Katanga ayant causé un mort et trois blessés, le meurtre par balle d’un jeune homme à Baraka, des arrestations arbitraires, la prolifération des barrières illégales entre Baraka et Fizi-centre ainsi que des actes d’extorsion imputés à des éléments armés dits « Hiboux ».

    Le Bloc Citoyen Amani estime que cette situation plonge la population dans un climat permanent de peur et réduit considérablement les activités économiques locales.

    Le territoire de Mwenga totalise pour sa part 136 cas de violations, soit 33,01 % des incidents enregistrés.

    Le rapport mentionne plusieurs attaques armées, des meurtres de civils, des affrontements entre FARDC et groupes armés irréguliers ainsi que des violences communautaires.

    Parmi les incidents documentés, il y a le meurtre d’un homme à Kamituga, des affrontements à Ngando ayant fait plusieurs morts et blessés civils, des attaques dans les hauts plateaux de Mwenga ayant causé la mort de six civils, dont trois enfants ainsi que le meurtre d’une femme accusée de sorcellerie.

    L’organisation souligne également que la reprise des combats dans certaines zones de Kamituga a aggravé les violences basées sur le genre et accentué la vulnérabilité des femmes et des enfants.

    « Ces incidents documentés démontrent la détérioration continue de l’environnement de protection des civils, marquée par la violence armée, l’insécurité chronique et la multiplication des abus contre les populations vulnérables », déplore le Bloc Citoyen Amani.

    Face à cette situation, le Bloc Citoyen Amani appelle les autorités congolaises à renforcer la protection des civils, démanteler les barrières illégales, ouvrir des enquêtes crédibles et poursuivre les auteurs des violations documentées.

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    L’organisation recommande également aux partenaires humanitaires de renforcer les mécanismes de prise en charge des survivantes de violences sexuelles et de soutenir les dispositifs communautaires d’alerte précoce.

    Enfin, le Bloc Citoyen Amani encourage les communautés locales à continuer de dénoncer les abus et à renforcer les mécanismes de prévention des conflits afin de protéger les groupes les plus vulnérables.

    Sylvie Bahati

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