Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) hausse le ton contre les récentes déclarations du président Félix Tshisekedi concernant un éventuel référendum constitutionnel et l’organisation des élections de 2028.
Dans cette déclaration politique publiée le 11 mai 2026 à Kinshasa et signée notamment par Ferdinand Kambere Kalumbi, secrétaire permanent ad intérim du PPRD, Jean Mbuyu Lunyongola, membre du bureau politique, Lucain Kasongo Mwadiavita, secrétaire permanent adjoint, ainsi que Gystain Chikez Diemu, ancien Secrétaire Général du parti, le parti de l’ancien président Joseph Kabila accuse le chef de l’État de préparer un « contournement » de l’article 220 de la Constitution afin d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.
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Le PPRD affirme que les propos tenus par Félix Tshisekedi lors de sa conférence de presse du 6 mai 2026 confirment « un projet politique longtemps dénoncé » par Joseph Kabila.
« Le Président Félix Tshisekedi utilise la guerre de l’Est, l’affaiblissement des institutions et un climat de peur pour instaurer progressivement un régime autoritaire en République démocratique du Congo », soutient le parti dans son document.
Le parti rappelle que la Constitution du 18 février 2006 est issue d’un référendum populaire et qu’elle contient des dispositions jugées intangibles pour préserver la démocratie congolaise.
Selon le PPRD, l’article 220 interdit toute remise en cause de la limitation des mandats présidentiels tandis que l’article 64 impose à tout Congolais « le devoir de faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir en violation de la Constitution ».
« Toute tentative visant à déverrouiller l’article 220 constituerait une tentative de renversement du régime constitutionnel démocratique, constitutive d’un coup d’État constitutionnel », affirme le PPRD.
Le parti estime que le président Tshisekedi cherche à utiliser une loi référendaire actuellement examinée au Parlement pour contourner ces dispositions constitutionnelles.
Le PPRD soutient également que depuis la rupture de la coalition FCC-CACH, Joseph Kabila n’a cessé d’alerter l’opinion nationale et internationale sur « les dangers d’une dérive dictatoriale et ethniciste ».
Le document évoque notamment une visite de Joseph Kabila à l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, au cours de laquelle il aurait dénoncé « l’instrumentalisation de la guerre de l’Est » ainsi que « la présence de certaines armées étrangères au service d’un agenda politique interne ».
Selon le PPRD, ces dénonciations auraient contribué au retrait progressif des troupes de la SADC engagées dans les opérations militaires dans l’est du pays.
Le parti revient aussi sur le discours en douze points prononcé par Joseph Kabila le 23 mai 2025.
À travers cette feuille de route, l’ancien président plaidait notamment pour la cessation des hostilités, le retrait de toutes les armées étrangères, un dialogue national inclusif, la neutralisation des groupes armés et la restauration de la cohésion nationale.
Le PPRD estime que cette vision rejoint plusieurs initiatives diplomatiques et résolutions internationales.
Le parti cite notamment les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que les démarches du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, James Swan.
Selon le PPRD, James Swan a récemment insisté sur « la nécessité de protéger les populations civiles, de matérialiser le cessez-le-feu, de promouvoir un dialogue inclusif et de préparer les élections de 2028 dans un climat apaisé ».
Le parti déplore cependant que Félix Tshisekedi ait déclaré que les élections de 2028 ne pourraient être organisées avant la fin de la guerre dans l’est du pays.
« Plus grave, pour lui, sur quand les forces rwandaises quitteront le sol congolais, il renvoie tout le monde à interroger Dieu, faute d’armée aguerrie selon lui », critique le PPRD.
Dans sa déclaration, le parti accuse le chef de l’État d’instrumentaliser la crise sécuritaire afin de consolider un « pouvoir personnel ».
Le PPRD dénonce notamment « la condamnation à mort controversée » de Joseph Kabila, la fermeture des sièges des partis de l’opposition, les arrestations, intimidations et exils forcés d’opposants ainsi que les violences politiques ayant conduit à l’incendie du deuxième siège du PPRD sur le boulevard Sendwe à Kinshasa.
Le parti affirme également qu’il existe une contradiction entre les négociations menées par le gouvernement avec l’AFC-M23 dans les processus de Doha, Washington et Montreux, et les accusations portées contre Joseph Kabila concernant une supposée collusion avec cette rébellion.
« Le pouvoir poursuit des négociations avec l’AFC-M23 tout en accusant sans preuves crédibles le Président honoraire Joseph Kabila de collusion avec cette même rébellion », déclare le PPRD.
Selon cette formation politique, ces accusations serviraient à justifier « la répression politique contre l’opposition et la remise en cause de l’article 220 ».
Le PPRD estime également que le pouvoir a progressivement pris le contrôle des principales institutions du pays.
« Aujourd’hui, après avoir progressivement aligné le Parlement, la CENI et la Cour constitutionnelle, le régime cherche désormais à utiliser une loi référendaire pour contourner l’article 220 et ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel interdit », accuse le parti.
Face à cette situation, le PPRD appelle les Congolais, les forces sociales et politiques ainsi que « tous les patriotes » à rester mobilisés pour défendre la Constitution, la démocratie et l’État de droit.
« Non au référendum de fraude constitutionnelle. Non au troisième mandat. Non à la confiscation de la démocratie congolaise », conclut la déclaration.
