Le député provincial du Sud-Kivu, Amani Katembera Didier, appelle le gouvernement provincial à reconsidérer sa décision de fermer la route Bukavu–Uvira, estimant que cette mesure risque d’avoir de lourdes conséquences sur les populations.
Dans une correspondance adressée ce 11 mai 2026 au vice-gouverneur et gouverneur ad intérim du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano, l’élu provincial dit avoir suivi « avec préoccupation » l’annonce de la fermeture de cet axe routier stratégique.
Cette mesure avait été annoncée par Jean-Jacques Elakano lors d’une communication publique à Uvira dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires persistantes dans la province.
Dans sa lettre, le député provincial Amani Katembera reconnaît les impératifs sécuritaires auxquels fait face le Sud-Kivu, mais estime qu’une fermeture totale de la route Bukavu–Uvira pourrait aggraver davantage les difficultés économiques, administratives et humanitaires que traverse déjà la population.
« Cette mesure risque d’avoir des conséquences économiques, administratives et humanitaires extrêmement lourdes sur nos populations déjà durement affectées par la crise économique et sécuritaire actuelle », écrit-il.
Le député rappelle que cet axe routier demeure essentiel pour les activités commerciales et la survie de nombreuses familles.
Selon lui, cette route facilite également les déplacements des organisations humanitaires ainsi que l’accès des citoyens aux services administratifs et migratoires disponibles à Uvira.
L’élu évoque aussi la situation des agents de l’État travaillant à Uvira mais séparés de leurs familles restées à Bukavu.
« La fermeture totale de ce tronçon porterait gravement atteinte à la liberté de circulation et accentuerait davantage l’isolement économique et social des populations », alerte-t-il.
Pour appuyer sa position, Amani Katembera cite l’exemple du Nord-Kivu où certains axes routiers stratégiques restent opérationnels malgré l’insécurité.
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« À titre comparatif, dans des provinces confrontées aux mêmes réalités sécuritaires, notamment au Nord-Kivu, des axes stratégiques comme Goma–Beni ou Goma–Butembo demeurent opérationnels, sans conséquences sécuritaires graves », souligne-t-il.
Dans un « esprit républicain et constructif », le député provincial demande ainsi au gouvernement provincial de privilégier un mécanisme de régulation plus souple afin de concilier les impératifs sécuritaires et les besoins de survie des populations.
