Des acteurs socio-politiques et de la société civile réclament l’ouverture d’enquêtes après l’attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Allied Democratic Forces à Makumo, dans la chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa, en Ituri.
Selon plusieurs sources locales contactées par La Prunelle RDC, près de dix civils ont été tués lors de cette attaque survenue dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 mai 2026. Plusieurs maisons ont également été incendiées et des habitants restent portés disparus.
Lire aussi : Ituri : au moins 9 civils tués dans une nouvelle attaque des ADF à Makumo
La psychose continue de régner dans cette agglomération située sur l’axe Mambasa-Beni, où de nombreuses familles ont passé la nuit dans la brousse par crainte de nouvelles attaques.
Des habitants affirment pourtant que des mouvements suspects des rebelles avaient été signalés plusieurs heures avant l’attaque.
Selon des témoignages recueillis sur place, un rescapé en provenance de Matumbi aurait alerté la population ainsi que certains responsables locaux sur la présence des ADF dans les environs de Makumo dès l’avant-midi du dimanche.
Réagissant à cette nouvelle tragédie, le député provincial Gilbert Sivamwenda, élu du territoire de Mambasa, affirme que les autorités militaires locales, territoriales et provinciales avaient été informées à temps des menaces qui pesaient sur la zone.
Selon lui, les massacres auraient pu être limités si des mesures sécuritaires avaient été prises immédiatement après les premières alertes.
« Nous demandons à la Cour militaire de descendre sur le terrain pour enquêter et sanctionner les commandants négligents. On ne peut pas continuer à jouer avec la vie des Congolais », a déclaré l’élu provincial à La Prunelle RDC.
Lire aussi : Ituri : au moins 15 morts dans une attaque attribuée aux ADF à Biakato-Centre
Le député rappelle également que cette attaque intervient quelques jours seulement après le massacre de Biakato, chef-lieu de la chefferie des Babila-Babombi, où plus de vingt civils avaient été tués dans une autre attaque attribuée aux ADF.
Pour Gilbert Sivamwenda, cette série d’attaques démontre l’urgence de renforcer les dispositifs sécuritaires dans cette partie du territoire de Mambasa devenue particulièrement vulnérable aux violences des groupes armés.
La même indignation est exprimée par la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC). Son coordonnateur, Maître Jospin Paluku, regrette que les alertes communautaires n’aient pas été prises au sérieux.
« Les alertes ont commencé tôt le matin du dimanche, mais il n’y a pas eu d’intervention », déplore-t-il.
Selon cet acteur de la société civile, cette situation révèle les limites du système de protection des civils dans plusieurs localités du territoire de Mambasa où les populations vivent sous une menace permanente.
De son côté, l’ONG Protection Plus condamne également ce qu’elle considère comme une absence de réponse sécuritaire adaptée face à la multiplication des attaques dans la région.
Son coordonnateur, Maître John Vuleverio, estime que les habitants de Makumo vivent désormais dans un climat de peur constante.
« Les habitants sont fatigués d’enterrer leurs proches dans l’indifférence totale. Cette situation devient insupportable », dénonce-t-il.
L’organisation appelle les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes afin d’assurer la protection des civils et prévenir d’autres attaques dans cette partie de l’Ituri.
Pendant ce temps, les recherches se poursuivent dans la zone afin de retrouver d’éventuels survivants et établir le bilan définitif de cette nouvelle attaque qui frappe le territoire de Mambasa.
