Plusieurs cas d’assassinats ciblés de personnes âgées accusées de sorcellerie sont signalés dans les quatre secteurs du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu. L’alerte a été lancée ce samedi 14 mars 2026 par l’administrateur du territoire, Samy Kalonji Badibanga.
Selon l’autorité territoriale, ces violences touchent principalement des personnes du troisième âge, souvent accusées de pratiques de sorcellerie par certaines communautés locales.
« Sur le plan sécuritaire, plusieurs cas d’assassinats ciblés sont signalés dans tous les quatre secteurs qui composent le territoire de Fizi. Les victimes sont des personnes de troisième âge soupçonnées d’être des sorcières. Le secteur de Tanganyika bat le record avec plus de 12 personnes tuées pour le même motif », a déclaré Samy Kalonji Badibanga.
Ces crimes, qui visent majoritairement des femmes âgées, s’inscrivent dans un phénomène récurrent observé dans plusieurs zones du Sud-Kivu. Les territoires d’Uvira et de Fizi figurent parmi les régions les plus touchées par ces accusations de sorcellerie qui se soldent régulièrement par des lynchages ou des assassinats.
Malgré les multiples alertes et les bonnes intentions affichées par les autorités politiques, sécuritaires et judiciaires, les poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes restent rares, voire inexistantes dans les juridictions de la province. Jusqu’à présent, aucun procès significatif n’a permis de sanctionner les responsables de ces assassinats liés aux accusations de sorcellerie.
Cette situation entretient un climat d’impunité qui favorise la répétition de ces violences contre des personnes particulièrement vulnérables.
Face à cette réalité, les organisations de défense des droits humains continuent d’interpeller les communautés locales afin de mettre fin à ces pratiques. Elles appellent les populations à cesser de se rendre justice elles-mêmes et à privilégier les mécanismes légaux pour résoudre les différends ou les suspicions au sein des communautés.
Ces organisations encouragent notamment les habitants à saisir les instances judiciaires et administratives compétentes afin de trouver des solutions appropriées et conformes à la loi, dans le respect des droits fondamentaux de chaque citoyen.
