À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, le Mouvement National de Survivant.e.s de Viols et Violences Sexuelles en RDC (MNS) a organisé une série d’activités de sensibilisation sur la prévention et la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) dans la province du Sud-Kivu.

La première activité s’est tenue le jeudi 12 mars 2026 à Exodus, situé dans la commune d’Ibanda à Bukavu. Une seconde rencontre a été organisée le vendredi 13 mars 2026 à Kavumu, dans le territoire de Kabare, afin d’étendre cette campagne de sensibilisation à d’autres communautés de la province.

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Ces activités ont réuni notamment des membres des Mutuelles de Solidarité (MUSO) et des Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC). L’objectif est de renforcer la sensibilisation communautaire et d’impliquer davantage les groupes locaux dans la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet de prévention et de lutte contre les VSBG financé par la GIZ depuis janvier 2026.

Prenant la parole lors de ces activités, Aline Kanega, coordinatrice du MNS, a rappelé l’importance de la sensibilisation communautaire dans la lutte contre les violences sexuelles.

« L’activité, c’est pour célébrer la Journée internationale des femmes. Nous avons organisé cette activité aujourd’hui pour sensibiliser les femmes, les membres des milieux de solidarité et des AVEC sur la prévention et la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre dans la province du Sud-Kivu, précisément dans la ville de Bukavu », a-t-elle expliqué.

Selon elle, ces rencontres visent également à encourager la documentation des cas de violences et leur référencement vers les structures de prise en charge appropriées.

« L’objectif, c’est de sensibiliser la communauté sur la prévention et la lutte contre les violences sexuelles, mais aussi sur la documentation des cas afin de les référer aux structures de prise en charge », a-t-elle insisté.

Mouvement National de Survivant.e.s de Viols et Violences Sexuelles en RDC (MNS)

La coordinatrice du MNS a par ailleurs lancé un appel à la communauté pour briser le silence autour des violences sexuelles, soulignant que la dénonciation constitue un moyen important de lutter contre ces crimes.

« Le message que je peux donner aux communautés en général, c’est qu’il faut briser le silence et dénoncer. En dénonçant ces cas de violences sexuelles, les bourreaux auront du mal à continuer à commettre ces actes ignobles qui règnent dans notre communauté », a-t-elle déclaré.

Elle invite également les membres de la communauté à aider à identifier et à référer les survivantes vers les structures spécialisées afin qu’elles puissent bénéficier d’une prise en charge complète, notamment sur le plan mental et psychologique.

Lors de l’activité organisée à Kavumu, les discussions ont particulièrement porté sur deux thématiques majeures : les violences conjugales et le droit des femmes à l’héritage.

Plusieurs participantes ont témoigné des difficultés rencontrées dans leur vie familiale, notamment les violences au sein du couple. Le MNS a rappelé à cette occasion que les femmes ont droit à la protection, au respect et à une vie conjugale digne.

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La question de l’héritage a également été largement abordée. Dans plusieurs communautés, les femmes sont encore exclues de la succession après le décès d’un membre de la famille.

« Les femmes ont droit à l’héritage, les femmes ont droit à la protection et au respect. Les hommes ont surtout le devoir de respecter leurs femmes et non de les chosifier », a insisté Aline Kanega.

Selon les organisateurs, ces activités constituent une étape importante dans la mobilisation communautaire contre les violences sexuelles et basées sur le genre au Sud-Kivu. Elles permettent de renforcer l’implication des groupes communautaires tout en donnant davantage de visibilité aux actions menées en faveur des survivantes.

Édith Kazamwali

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