À quelques semaines du 3ᵉ Symposium national sur la localisation de l’action humanitaire, prévu du 27 au 29 octobre 2026 à Kinshasa, le Coordonnateur national du Conseil national des Fora des ONG humanitaires et de développement (CONAFOHD), Dr De-Joseph Kakisingi, multiplie les rencontres stratégiques dans la capitale congolaise. L’objectif est de renforcer la mobilisation des agences des Nations Unies, des partenaires humanitaires, des institutions publiques et des autres parties prenantes autour de cette échéance et de favoriser des avancées concrètes dans la localisation de l’aide en République démocratique du Congo.
Le troisième Symposium national intervient dans un contexte où les organisations non gouvernementales nationales et locales attendent désormais davantage que de simples déclarations d’intention. Après plusieurs années de discussions, d’engagements et de plaidoyers, une question revient avec insistance parmi les acteurs humanitaires : comment accélérer concrètement la transformation du système humanitaire afin de permettre aux organisations locales et nationales de jouer pleinement leur rôle ?
C’est autour de cette interrogation que le CONAFOHD intensifie les échanges à Kinshasa.
Un séjour pour élargir la mobilisation
Le séjour du Dr. De-Joseph Kakisingi s’inscrit dans une dynamique visant à mobiliser les différents acteurs autour du prochain Symposium et à construire une dynamique collective dépassant le seul cadre organisationnel de l’événement.
Pour le CONAFOHD, ce rendez-vous ne devrait pas être considéré comme une simple rencontre de trois jours. Il doit plutôt constituer une occasion de faire le point sur le chemin parcouru et, surtout, de définir de nouvelles orientations susceptibles d’accélérer la localisation de l’action humanitaire en RDC.
Les précédentes éditions ont permis de poser des jalons importants dans la compréhension et la promotion de la localisation. La deuxième édition, organisée à Kinshasa, avait notamment réuni différents acteurs autour de la nécessité de renforcer le leadership local et de construire un cadre adapté aux réalités congolaises.
Les attentes évoluent toutefois aujourd’hui. Il ne s’agit plus uniquement de discuter de la pertinence de la localisation, mais d’identifier les mécanismes permettant de la rendre davantage effective.
Les ONG nationales veulent des avancées concrètes
Pour de nombreuses ONG nationales et locales, le troisième Symposium représente une nouvelle occasion de remettre au centre du débat les obstacles qui continuent de limiter leur pleine participation au système humanitaire.
Malgré leur présence historique au sein des communautés et leur connaissance des réalités locales, plusieurs organisations nationales rencontrent encore des difficultés liées notamment à l’accès au financement, à leur participation aux mécanismes de coordination et de décision ainsi qu’à la nature de leurs partenariats avec certains acteurs internationaux.
Ces défis ne sont pas nouveaux. Plusieurs analyses consacrées à la localisation en RDC soulignent que, malgré les progrès enregistrés, l’accès direct des acteurs locaux aux ressources et leur représentation dans les espaces de coordination demeurent encore insuffisants.
Les organisations nationales attendent donc de cette troisième édition des stratégies nouvelles et des engagements plus concrets.
Parmi les questions susceptibles d’être au centre des discussions figurent notamment le financement direct et durable des acteurs locaux, le rééquilibrage des relations de partenariat, le renforcement de la participation des ONG nationales dans les espaces de décision ainsi que la reconnaissance de leurs capacités et de leur expertise.
Passer des engagements à la transformation
Le principal défi du 3ᵉ Symposium sera celui du passage des engagements politiques aux changements concrets.
Il s’agira notamment de déterminer comment faire en sorte que les principes de localisation se traduisent effectivement dans les mécanismes de financement, les systèmes de coordination, les partenariats et les processus de prise de décision.
Pour le CONAFOHD, la localisation ne peut se limiter à un simple transfert d’activités vers les organisations nationales. Elle suppose une transformation plus profonde des rapports entre les différents acteurs du système humanitaire.
Cette transformation implique notamment de reconnaître davantage le leadership local, de valoriser les connaissances produites au sein des communautés et de permettre aux organisations nationales de participer à la conception des stratégies, plutôt que d’intervenir uniquement au moment de leur mise en œuvre.
Cette vision rejoint la mission du CONAFOHD, qui œuvre notamment pour une représentation plus équitable des organisations locales et nationales dans les mécanismes de coordination et de décision humanitaire.
Les évidences locales au cœur du Symposium
Placée sous le thème « Transformer le système humanitaire à partir des évidences locales », la troisième édition entend s’appuyer sur les expériences vécues sur le terrain.
L’objectif est de mettre en avant les enseignements tirés par les organisations locales, les communautés et les différents intervenants humanitaires afin d’orienter les transformations nécessaires.
Cette approche constitue une évolution importante dans le débat sur la localisation. Les communautés et les organisations locales ne devraient pas uniquement être considérées comme des bénéficiaires ou des exécutants de programmes conçus ailleurs. Elles produisent également des connaissances, développent des solutions et disposent d’expériences susceptibles de contribuer à l’amélioration de la réponse humanitaire.
La récente réflexion du CONAFOHD sur la réponse aux crises sanitaires insiste d’ailleurs sur l’importance d’écouter les communautés et de prendre en compte les informations et expériences produites localement dans les processus de décision.
L’UNFPA manifeste son intérêt
Parmi les rencontres organisées dans le cadre de la mission à Kinshasa, une séance de travail avec l’UNFPA a permis d’échanger sur les préparatifs du Symposium et sur les possibilités d’implication de l’agence dans cette dynamique.
L’UNFPA a manifesté son intérêt pour le processus et envisage notamment de contribuer à la mobilisation de ses partenaires autour de l’événement.
Les échanges ont également ouvert une réflexion sur la communication et sur la nécessité de mieux faire connaître le processus de localisation, les acquis des précédents Symposiums ainsi que les transformations attendues de cette troisième édition.
Cette rencontre constitue une première avancée dans la stratégie plus large de mobilisation que le CONAFOHD entend poursuivre auprès d’autres agences, partenaires et institutions.
Vers une coalition autour de la localisation
L’un des principaux défis des prochaines semaines sera désormais d’élargir cette dynamique.
Le CONAFOHD souhaite mobiliser autour du Symposium les agences des Nations Unies, les ONG internationales, les bailleurs, les institutions gouvernementales, les organisations nationales et les représentants des communautés.
Pour le Conseil, la localisation ne peut pas être portée par les seuls acteurs locaux. Elle nécessite un engagement collectif et une volonté de transformation de l’ensemble du système humanitaire.
La mobilisation engagée par le Dr De-Joseph Kakisingi à Kinshasa vise ainsi à rapprocher les différents acteurs autour d’une ambition commune : identifier les obstacles qui ralentissent encore la localisation et construire ensemble des mécanismes capables d’apporter des réponses concrètes.
Un tournant attendu en octobre
À l’approche du 3ᵉ Symposium national, les attentes sont donc nombreuses.
Pour les ONG nationales, la rencontre devra permettre de mesurer les progrès accomplis depuis les précédentes éditions, mais aussi d’interroger les insuffisances persistantes et d’ouvrir la voie à de nouvelles stratégies.
Parmi les principaux chantiers figurent des mécanismes de financement plus accessibles aux organisations locales, des partenariats plus équitables, une participation accrue aux mécanismes de décision, une meilleure reconnaissance du leadership local et la valorisation des évidences produites par les communautés.
Le séjour de travail du Dr De-Joseph Kakisingi à Kinshasa intervient ainsi à un moment stratégique. À travers les différentes rencontres engagées, le CONAFOHD cherche à transformer progressivement l’intérêt suscité par le Symposium en une véritable dynamique collective.
Le défi est désormais de faire du rendez-vous d’octobre non pas seulement un espace supplémentaire de discussions, mais un moment capable d’impulser des décisions et des mécanismes nouveaux.
Pour les ONG nationales et locales, l’attente est claire : franchir une nouvelle étape et faire de la localisation non plus seulement un engagement, mais une réalité visible dans la manière dont l’aide humanitaire est pensée, financée et mise en œuvre en République démocratique du Congo.
