Une motion de censure visant le Gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a été officiellement déposée le 21 avril 2026 à Uvira, siège provisoire des institutions provinciales depuis la chute de Bukavu aux mains de la rébellion du M23. Cette initiative, portée par le député provincial Karume Bahige Jean, suscite de vives réactions au sein de la Société Civile et des acteurs politiques.
Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu, l’élu invoque les dispositions constitutionnelles ainsi que les lois régissant la libre administration des provinces pour justifier cette démarche. Le document mentionne notamment la Constitution de la République démocratique du Congo et la loi organique relative aux provinces, ainsi que le règlement intérieur de l’organe délibérant.
Les raisons de cette initiative n’ont pas encore été révélées.
Cependant, sur le terrain, cette motion est perçue par plusieurs observateurs comme inopportune. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une initiative susceptible d’aggraver l’instabilité politique dans une province déjà fragilisée par une situation sécuritaire préoccupante. Depuis la prise de Bukavu par le M23, le gouvernement provincial fonctionne depuis Uvira, tandis qu’une partie du territoire échappe au contrôle des autorités.
Pour certains acteurs sociaux, cette tentative de renversement du gouverneur s’apparente à une manœuvre politique. Plusieurs analystes estiment qu’elle pourrait favoriser une recomposition du pouvoir au profit de l’UDPS, parti présidentiel, au détriment de l’AFDC-A, formation politique à laquelle appartient l’actuel gouverneur.
« Engager une crise politique dans un contexte où la province est déjà fragmentée entre zones sous contrôle gouvernemental et zones occupées par la rébellion risque d’affaiblir davantage les institutions », confie un acteur de la société civile locale.
Cette motion intervient ainsi dans un climat particulièrement tendu, où les priorités restent centrées sur le rétablissement de l’autorité de l’État et la gestion de la crise humanitaire et sécuritaire.
En attendant, la motion devrait, en principe, être débattue dans les 48 heures et le Gouverneur Purusi devrait présenter ses moyens de défense. Les députés procéderont alors au vote pour savoir si Purusi et son gouvernement devraient tomber.
Mais à l’heure actuelle, il n’est pas exclu que Kinshasa s’interpose. Le Gouvernement de la RDC avait déjà mis en garde contre la « déstabilisation » des institutions provinciales en cette période de crise en RDC. Mais des observateurs font remarquer que la mesure est diversement appliquée selon qu’il s’agit des gouvernants soutenus par le parti présidentiel ou les proches du Chef de l’Etat Congolais ou d’autres dirigeants.
