Le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, est actuellement plongé dans une crise sécuritaire aiguë qui compromet gravement l’année scolaire 2025-2026. Depuis le 7 avril 2026, l’intensification des affrontements armés a entraîné des conséquences dramatiques sur l’accès à l’éducation, forçant des milliers d’élèves à abandonner le chemin de l’école.
Selon Patrick Lulihoshi, Président du Parlement des Jeunes de Kalehe, la situation est alarmante. Les violences récurrentes obligent les familles à fuir leurs villages, laissant derrière elles écoles et moyens de subsistance.
« Suite aux affrontements réguliers, certains enfants sont contraints de fuir leurs zones. Nombreux n’étudient plus à cause des déplacements, d’autres vivent désormais très loin de leurs écoles, tandis que certains sont séparés de leurs parents dispersés par cette guerre injuste », déplore-t-il.
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Ces affrontements opposent les rebelles de l’AFC-M23 aux groupes Wazalendo, appuyés par les FARDC. D’après plusieurs témoignages recueillis sous anonymat, cette situation a provoqué un exode massif des populations. Le groupement de Ziralo ainsi que certaines parties des groupements de Mubuku et de Buzi se sont presque entièrement vidés de leurs habitants.
Dans la chefferie de Buhavu, plus de 48.920 personnes ont fui les neuf villages du groupement de Ziralo (Kusisa, Batayo, Nyalugusha, Bunje, Bushugulu, Kisha, Bulembwe, Lulere et Kalamo) pour se réfugier dans le territoire voisin de Walikale, au Nord-Kivu.
Conséquence directe : toutes les écoles du groupement de Ziralo sont actuellement fermées, faisant craindre une année blanche pour des milliers d’élèves. Bloqués dans des zones de refuge précaires, ces enfants sont privés de leur droit fondamental à l’éducation.
Dans les zones d’accueil, les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Les familles déplacées vivent sans assistance suffisante, ni du gouvernement ni des partenaires humanitaires, ce qui rend toute reprise scolaire impossible à court terme.
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Face à cette situation, les acteurs locaux tirent la sonnette d’alarme. Sans une intervention urgente, incluant la sécurisation des zones touchées et un appui humanitaire conséquent, l’éducation risque de devenir un luxe inaccessible pour toute une génération d’enfants déplacés à Kalehe.
Landry Barhalibirhu et Ariel Bahati
