Dans le quartier Cahi, commune de Bagira à Bukavu, l’absence d’eau potable plonge les habitants dans une situation critique, malgré les investissements du projet E-MAGINE de Mercy Corps.

Lancé pour améliorer l’accès à l’eau à Bukavu et Goma, ce projet, alimenté par la source de Mazigiro à Nyangezi, visait jusqu’à un million de bénéficiaires. Entre 2020 et 2021, plusieurs infrastructures ont été installées, dont sept bornes-fontaines à Cahi.

« Les bornes ne coulent plus. L’eau est détournée vers d’autres quartiers via des raccordements frauduleux », dénonce Shukuru Lwekya, président de la Société Civile locale.

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Les enquêtes menées dans les zones de Cahi, Panzi, Mumosho et Mudusa évoquent des fuites non réparées, des manipulations de vannes à Nyantende ainsi que des complicités impliquant la REGIDESO, la Division provinciale de l’Énergie et Hydrocarbures et l’ONG Mama Amka.

Alors que l’eau est gaspillée à Panzi, elle est totalement absente à Cahi. Les habitants réclament un calendrier de distribution et des réparations urgentes.

Privées d’eau potable, les populations se tournent vers la rivière Ruzizi et des sources insalubres, augmentant les risques de choléra et de diarrhées.

Les conséquences sont multiples. C’est par exemple l’exposition des femmes et filles aux agressions lors de la recherche d’eau dès l’aube, les retards scolaires pour les enfants, les noyades signalées dans la rivière, le ralentissement des activités économiques et les difficultés dans les structures sanitaires et scolaires.

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Face à cette crise, la société civile exige la réhabilitation du réseau, la lutte contre les branchements illégaux, la transparence dans la gestion et l’implication des communautés.

« Sans gouvernance assainie, les projets resteront des mirages », avertit Shukuru Lwekya.

Ce cas illustre les défaillances structurelles du système d’approvisionnement en eau à Bukavu, où les promesses d’accès universel restent encore loin d’être réalisées.

Abdallah Mapenzi

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