Dans la Chefferie des Wamuzimu, en territoire de Mwenga, la circulation sur la Route nationale numéro 2 (RN2) suscite de nouvelles tensions. Alors que l’administration locale refuse la réinstallation d’un poste de contrôle sur l’axe Kibe-Bisembe, la société civile dénonce, de son côté, l’installation d’une nouvelle barrière à Tanda-Kaseti, sur l’axe Kamituga-Kitutu, qu’elle accuse de donner lieu à des perceptions qu’elle juge illégales.

    La RN2 constitue un axe important pour le transport des personnes et des marchandises dans cette partie du Sud-Kivu. Dans un contexte économique difficile, la multiplication des postes de contrôle et les coûts liés aux déplacements suscitent des préoccupations parmi les usagers et les acteurs locaux.

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    Pas de nouveau poste de contrôle à Kibe-Bisembe

    Face à une demande du chef de groupement des Banakyungu Kibe sollicitant la réinstallation d’un poste de contrôle sur la RN2, l’administration de la Chefferie des Wamuzimu a décidé de ne pas donner suite à cette initiative.

    Dans une correspondance référencée N°5072/014/1J.38/CW/2026, signée par le secrétaire administratif et chef du personnel, Jacques Assani Mutumbwa, la chefferie demande de surseoir à la réinstallation de ce poste.

    « La conjoncture économique actuelle est particulièrement difficile pour la population et les usagers de cette route. Nous vous demandons donc de surseoir à cette initiative pour le moment, en attendant une période plus propice », précise la correspondance.

    Cette décision intervient alors que l’administration locale appelle parallèlement les usagers de la route, particulièrement les motocyclistes, au respect des règles de sécurité routière.

    Des consignes strictes aux motocyclistes

    La chefferie met notamment en garde les motocyclistes et leurs organisations représentatives, notamment à Kitutu, face aux accidents de circulation signalés sur cet axe.

    Les directives portent notamment sur l’interdiction de l’excès de vitesse, le refus du transport de passagers sur le réservoir des motos et l’obligation de transporter les passagers dans des conditions sécurisées, à l’arrière du véhicule.

    Le contrôle du respect de ces mesures est notamment confié au commandant de l’escadron de la Police de circulation routière (PCR), en collaboration avec les corporations de motocyclistes.

    Une nouvelle barrière dénoncée à Tanda-Kaseti

    Pendant ce temps, la société civile de la Chefferie des Wamuzimu alerte sur l’installation d’un autre poste de contrôle au village de Tanda-Kaseti, dans le groupement des Baligi, sur l’axe Kamituga-Kitutu.

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    Dans une alerte datée du 19 septembre 2026, le Cadre de Concertation de la Société civile de la Chefferie des Wamuzimu affirme que ce poste, présenté comme relevant de la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre (CNC-ALPC/LFC) et du service Anti-Fraude, serait devenu, selon ses constatations, un point de perception d’argent sans justification légale.

    La structure affirme que, depuis le vendredi 18 septembre, certains usagers seraient contraints de payer pour franchir le point de contrôle.

    Les transporteurs et éleveurs également concernés

    Selon la société civile, des éleveurs seraient notamment sollicités financièrement lors du passage de leurs troupeaux. Les transporteurs de marchandises seraient également confrontés à des tracasseries qui, selon cette structure, augmenteraient les coûts de transport sur cet axe déjà confronté à des difficultés.

    La présence de militaires des FARDC aux côtés des agents affectés à ce poste contribuerait, selon la société civile, à entretenir des interrogations sur le mandat et la légalité des opérations qui y sont menées.

    Face à cette situation, le Cadre de Concertation de la Société civile demande aux autorités provinciales et territoriales l’ouverture urgente d’une enquête afin de déterminer la nature exacte du poste, le mandat des agents qui y sont déployés et la base légale des perceptions effectuées.

    La structure réclame également l’arrêt des perceptions qu’elle considère comme illégales et demande que tout prélèvement soit fondé sur un texte officiel et effectué contre délivrance d’un reçu conforme.

    Elle plaide en outre pour la relocalisation du poste à la limite administrative officielle entre la ville de Kamituga et la Chefferie des Wamuzimu, conformément, selon elle, aux engagements pris lors des réunions de sécurité.

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    La société civile demande enfin une clarification publique du dispositif sécuritaire le long de cet axe afin d’éviter la multiplication de postes de contrôle dont la légalité serait contestée.

    Entre les mesures visant à encadrer la circulation et les préoccupations liées aux tracasseries dénoncées par la société civile, les acteurs locaux appellent ainsi à une meilleure régulation de la RN2, tout en tenant compte des difficultés économiques auxquelles sont confrontés les usagers.

    Abdallah Mapenzi

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