À l’occasion de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants, célébrée chaque 5 octobre, le Syndicat national congolais des enseignants appelle le corps enseignant à une journée de réflexion sur la situation de la profession et la gestion des ressources destinées aux éducateurs en République démocratique du Congo.

    Par la voix de son secrétaire national, Cécile Tshiyoyo, le syndicat estime que, soixante ans après la construction et la consolidation du système éducatif congolais, les enseignants continuent de faire face à des difficultés qui, selon lui, traduisent une insuffisante valorisation de leur profession par les autorités.

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    Le thème retenu cette année est : « Les enseignantes et les enseignants, 60 ans à protéger la profession, améliorer son statut et développer les potentiels ».

    Pour le Syndicat national congolais des enseignants, ce thème doit notamment interpeller les enseignants congolais sur la nécessité de faire respecter leurs droits, au regard des efforts consentis quotidiennement pour former les générations appelées à diriger et à développer le pays.

    Une journée consacrée à la réflexion sur la profession

    Cécile Tshiyoyo explique que cette journée doit avant tout permettre aux enseignants de réfléchir à leur profession et à la manière dont celle-ci est valorisée.

    « Cette journée veut qu’il y ait essentiellement une réflexion, une analyse qui nous permet de glaner autour de la profession et de la valorisation de la fonction enseignante, du rôle des éducateurs », explique-t-il.

    Selon lui, les enseignants et les éducateurs, de la maternelle à l’université, jouent un rôle essentiel dans la formation de toutes les catégories socioprofessionnelles du pays.

    « Tout le monde devient aujourd’hui président de la République, devient ministre, premier ministre, devient DG, devient PCA, devient médecin, magistrat, avocat et oublie qu’il y a l’essentiel pour qu’il y ait développement dans notre pays », souligne le secrétaire national.

    Des prélèvements sur les salaires dénoncés

    Le responsable syndical dénonce par ailleurs ce qu’il présente comme une forme de « guerre sociale » contre les enseignants, notamment à travers des prélèvements effectués, selon lui, sur leurs rémunérations.

    « Il y a ceux qui pensent que la guerre n’existe que lorsqu’il y a les armes qui parlent. Cependant, laisser l’enseignant dans l’oubliette, faire de l’enseignant un escalier, un balai qu’il faut utiliser pour rendre sa cour propre est une guerre, une guerre sociale qu’on crée à l’enseignant », affirme-t-il.

    Il accuse une certaine catégorie d’acteurs dans les sous-secteurs de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté de prélever, selon lui, des montants allant de 5.000 à 15.000 francs congolais sur les salaires des enseignants.

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    Cécile Tshiyoyo avance un calcul basé sur 700.000 enseignants pour illustrer l’ampleur financière de ces prélèvements.

    « Si nous avons 700.000 enseignants multipliés par les fonds qu’ils ont pris, si nous ne pouvons prendre que 5.000 seulement, ils auront plus de 3.500.000 », déclare-t-il, avant d’évoquer un montant qui, selon son calcul, dépasserait 1,5 million de dollars américains.

    Le syndicat réclame une enquête sur l’enveloppe salariale

    Face à cette situation, le secrétaire national du Syndicat national congolais des enseignants estime qu’une enquête doit être menée au sein du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté afin de déterminer ce qui se passe réellement autour de l’enveloppe salariale destinée aux enseignants.

    Il met également en cause le fonctionnement de l’intersyndicale et de différents syndicats qu’il accuse d’agir au détriment des enseignants.

    « Est-ce qu’il y a un enseignant qui est pris en charge convenablement, qui est bien géré ? Chers camarades enseignants, l’erreur est grave. Nous devons savoir cette répartition avec les rétro-commissions entre le cabinet, les CQP, la DIRPEI, le secrétariat général et l’intersyndical qui leur a donné l’ordre, puisque l’ordre devait revenir des enseignants dans une assemblée générale », soutient-il.

    Un appel à l’attention du chef de l’État

    Pour terminer, Cécile Tshiyoyo appelle également l’attention du chef de l’État sur la situation des enseignants et sur l’importance stratégique du secteur de l’éducation pour le développement du pays.

    « Il est temps que nous puissions faire voir au chef de l’État que ses ministères, ses ministères clés, un ministère qui fait de lui la fierté de ce pays, un ministère qui doit amener ce pays dans le développement, le ministère dont les agents appelés enseignants et personnels de l’éducation jouent un rôle crucial pour le développement de ce pays. Mais voici comment les enseignants sont traités », conclut-il.

    Sylvie Bahati

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