La motion de censure déposée à l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu contre le gouvernement Jean-Jacques Purusi Sadiki suscite des réactions contrastées au sein de la Société Civile, dans un contexte marqué par une crise sécuritaire et politique persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Contactés mercredi 22 avril 2026 par la rédaction de La Prunelle RDC, plusieurs acteurs sociaux ont exprimé à la fois leur inquiétude et leurs divergences face à cette initiative parlementaire. Si certains y voient un exercice normal de contrôle démocratique, d’autres redoutent une aggravation de l’instabilité dans la province.

Lire aussi : Sud-Kivu : une motion de censure contre le Gouverneur Purusi divise en pleine crise sécuritaire

Pour Freddy Mudeba, acteur social basé à Uvira, la démarche est légitime et fondée sur des griefs sérieux contre l’exécutif provincial. Il évoque notamment « le détournement des fonds publics, la mauvaise gestion des taxes sur le carburant, le détournement de lingots d’or et d’autres ressources ».

Très critique envers le gouverneur, il ajoute : « Un gouverneur qu’on estimait qu’il doit être Magufuli (…) mais malheureusement, nous avons compris que non. C’est un monsieur (…) aucun développement n’est visible, il est temps que ce gouverneur soit remplacé ».

À l’inverse, Jean Moreau Tubibu, acteur social de la ville de Bukavu, met en garde contre les conséquences d’une telle démarche dans le contexte actuel.

« Nous pensons que des motions de censure pour le moment (…) c’est suicidaire », affirme-t-il, dénonçant leur multiplication qu’il compare à « des jeux d’enfants ou à des théâtres ».

Selon lui, cette dynamique pourrait cacher des motivations politiques liées notamment aux appartenances partisanes, évoquant le fait que le Gouverneur est issu de l’AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo.

« Il ne faut pas que nos députés puissent nous ramener dans ce genre de jeu », prévient-il.

L’acteur social alerte également sur le risque de fragmentation institutionnelle dans la province.

« Nous avons deux gouverneurs dans une même province, ce n’est pas normal. Peut-être que d’ici là, nous aurons même deux assemblées provinciales (…) nous avons deux gestions gouvernementales ».

Face à ces tensions, plusieurs voix appellent les élus provinciaux à faire preuve de responsabilité et à privilégier l’intérêt général. Les acteurs sociaux insistent sur la nécessité pour les députés d’agir « au nom de toute la population du Sud-Kivu et non pour des règlements de compte partisans ».

Lire aussi : Sud-Kivu : la Société Civile interpelle les députés sur les priorités de la session de mars 2026

Dans un contexte où plusieurs territoires restent fragilisés par les conflits armés et où certains élus sont contraints à l’exil, ces derniers appellent à la recherche de solutions durables plutôt qu’à l’ouverture de nouvelles crises politiques.

La suite réservée à cette motion de censure pourrait ainsi avoir des répercussions majeures sur la stabilité institutionnelle d’une province déjà profondément affectée par l’insécurité.

Divine Busime

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.