La Société Civile du Sud-Kivu a exprimé, dans une correspondance datée du 21 avril 2026 adressée aux autorités nationales et provinciales, sa reconnaissance au gouvernement congolais pour la mise en place d’un document temporaire de voyage facilitant la mobilité des populations affectées par la guerre. Toutefois, elle dénonce des irrégularités dans sa délivrance à Uvira, notamment des frais illégaux et des lenteurs administratives.

Dans cette lettre adressée notamment au Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, au Directeur général de la Direction Générale de Migration ainsi qu’aux autorités provinciales du Sud-Kivu, Néné Bintu Iragi, sa Présidente, rappelle que cette avancée répond à des doléances formulées depuis juillet 2025.

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« Nous vous remercions d’avoir répondu favorablement à ces doléances en rendant disponible le document migratoire hautement sécurisé et conforme aux normes internationales », écrit-elle.

Selon la société civile, de nombreux Congolais, notamment dans les zones occupées, éprouvaient d’énormes difficultés à rejoindre Kinshasa en raison du manque de documents migratoires reconnus.

Cette situation faisait suite à une circulaire de la DGM interdisant l’usage de certains documents délivrés dans les zones sous contrôle rebelle. En conséquence, plusieurs compatriotes se voyaient refuser l’embarquement dans des villes de transit comme Kigali, Nairobi, Entebbe, Bujumbura ou encore Addis-Abeba.

La destruction des aéroports de Bukavu et de Goma, dans le contexte de la guerre dans l’Est du pays, a davantage aggravé la situation, obligeant les voyageurs à emprunter des itinéraires indirects.

Depuis mars 2026, le nouveau « document temporaire de voyage et de séjour », valide 12 mois et fixé officiellement à 50 dollars, permet désormais à ces populations de voyager « paisiblement » et de rejoindre la capitale sans grandes difficultés.

Malgré cette avancée, la Société civile alerte sur plusieurs dysfonctionnements observés à Uvira. Elle évoque notamment une forte affluence, due à la demande provenant non seulement du Sud-Kivu, mais aussi du Nord-Kivu, du Maniema, du Tanganyika ainsi que des Congolais vivant à l’étranger.

Cette situation entraîne des retards dans le traitement des dossiers, mais surtout des pratiques jugées illégales.

« Certains agents exigent entre 60 et 100 dollars, parfois sans quittance remise au requérant », déplore le document.

L’organisation souligne que l’absence de preuve de paiement complique le suivi des dossiers et expose les usagers à des pertes administratives.

Face à ces dérives, la Société civile formule plusieurs recommandations à la DGM. Elle demande notamment l’augmentation du nombre de guichets pour fluidifier la délivrance des documents, l’obligation stricte de délivrer des quittances aux usagers, le respect du tarif officiel de 50 dollars et le renforcement du contrôle et de la sécurité des dossiers.

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Elle plaide également pour la mise en place de guichets prioritaires en faveur des personnes vulnérables.

« Nous sollicitons un guichet prioritaire pour les femmes enceintes, les personnes vivant avec handicap, les personnes âgées et les malades en urgence », insiste la correspondance.

Tout en réitérant sa gratitude envers les autorités pour cette mesure salutaire, la Société Civile du Sud-Kivu appelle à des ajustements urgents afin de garantir l’équité, la transparence et l’efficacité dans la délivrance de ce document devenu crucial pour les populations affectées par le conflit.

Jean-Luc M.

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