A trois semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, l’inquiétude grandit parmi les familles déplacées et vulnérables du Sud-Kivu. Affectés par les conflits armés et la crise économique, plusieurs parents affirment ne pas disposer de moyens suffisants pour acheter les fournitures scolaires nécessaires à leurs enfants.
Prévue le 2 septembre 2026, plusieurs familles déplacées et démunies du Sud-Kivu craignent de voir leurs enfants rester à la maison faute de moyens financiers.
Dans la ville de Bukavu comme dans certaines zones du territoire de Walungu et de Kalehe, des parents affectés par les conflits armés expliquent avoir perdu leurs activités économiques et leurs principales sources de revenus. Cette situation rend difficile l’achat des uniformes, cahiers, sacs et autres fournitures nécessaires à la reprise des cours.
Pour Innocent Majaliwa, vice-président du Conseil urbain de la jeunesse de Bukavu et coordonnateur d’Amy Asbl, la situation devient préoccupante. Selon lui, plusieurs parents ont perdu leur emploi ou leurs activités à la suite de la crise et ne sont plus en mesure de prendre en charge la scolarité de leurs enfants.
Il appelle ainsi les organisations humanitaires locales, nationales et internationales à renforcer rapidement leur assistance en faveur des enfants déplacés et issus des familles les plus vulnérables.
Le même constat est fait par Amani Lwamba Shadrack, président national du Parlement citoyen pour la démocratie et la bonne gouvernance, qui plaide également pour une réponse urgente afin d’éviter que les difficultés économiques ne compromettent l’accès des enfants à l’éducation.
Des parents comptent réutiliser les anciens uniformes
Dans le territoire de Walungu, la situation est également préoccupante. Malgré leurs difficultés, certains parents déplacés et retournés tentent de se débrouiller à travers de petits commerces et des activités champêtres afin de réunir les moyens nécessaires à la rentrée scolaire.
Des commerçants spécialisés dans la vente des fournitures scolaires affirment que leurs activités sont également affectées par la crise. Certains disent passer de longues journées au marché sans parvenir à vendre suffisamment de cahiers, d’uniformes ou d’autres articles scolaires.
De leur côté, plusieurs parents affirment qu’ils pourraient être contraints de réutiliser les uniformes de l’année scolaire précédente, faute de moyens pour en acheter de nouveaux.
La situation est particulièrement préoccupante pour certaines familles déplacées et retournées qui avaient déjà abandonné leurs activités agricoles à la suite des affrontements dans plusieurs zones de Walungu. Sans revenus réguliers, elles peinent à réunir les ressources nécessaires à la scolarisation de leurs enfants.
Certains parents plaident donc pour une assistance humanitaire en fournitures scolaires, notamment en uniformes, cahiers, sacs et autres matériels essentiels.
A Kamisimbi également, des familles craignent une rentrée scolaire difficile pour leurs enfants, après une année précédente déjà marquée par d’importantes difficultés.
Les acteurs de la société civile et les familles appellent les partenaires humanitaires à anticiper la réponse et à soutenir les ménages les plus vulnérables avant la rentrée scolaire. Une telle intervention pourrait contribuer à maintenir les enfants déplacés et démunis à l’école et à réduire les risques d’abandon scolaire liés à la crise.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL-GL avec le soutien de Media4dialogue de la Benevolencija.
