À deux semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, plusieurs parents d’élèves à Bukavu disent éprouver d’importantes difficultés à réunir les moyens nécessaires pour envoyer leurs enfants à l’école. Entre le coût des fournitures scolaires, les frais exigés par certaines écoles et une situation économique fragilisée par la crise dans l’Est de la RDC, la préparation de la rentrée reste un véritable défi pour de nombreuses familles.

Rencontrés ce mardi par La Prunelle RDC, plusieurs parents dénoncent notamment la perception de frais qu’ils considèrent comme illégaux dans certaines écoles privées.

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Luc Cirhuza, président du comité des parents de l’EP Cahi, déplore ces pratiques, particulièrement difficiles à supporter pour les familles confrontées au chômage. Il évoque également les difficultés d’accès à certaines écoles publiques malgré le principe de gratuité de l’enseignement.

« Il y a des écoles qui nous exigent des frais illégaux et nous ne savons pas comment nous comporter. Certaines exigent des frais de confirmation équivalant à la moitié ou à la totalité de la première tranche. Pour les écoles publiques où il y a la gratuité, certains parents ne savent pas comment y faire accéder leurs enfants. Les responsables d’écoles leur disent qu’il n’y a plus de place, alors que tous les enfants ont droit à l’éducation », explique-t-il.

À ces difficultés s’ajoute le coût des fournitures scolaires. Cahiers, uniformes, chaussures, sacs et autres matériels nécessaires représentent une charge supplémentaire pour des ménages dont les revenus ont fortement diminué.

Tchiba Detective, parent et membre de l’ONG Congo Renaitre, qui encadre notamment des enfants et des victimes de violences basées sur le genre, décrit une situation socioéconomique particulièrement difficile.

« Tant de parents ne travaillent pas depuis la prise de la ville de Bukavu. Cela pèse sur nos enfants et notre survie. Au marché, les vendeurs pleurent le manque de clientèle parce qu’il n’y a pas d’argent », témoigne-t-il.

Il estime que les frais de réinscription ou de confirmation viennent alourdir davantage le fardeau des familles.

« Cela pèse sur les parents au moment où ils subviendraient à peine à ces besoins. Beaucoup de mères vont se confronter à des difficultés psychologiques », ajoute-t-il.

La Société Civile appelle à l’intervention des autorités

Face à ces difficultés, les représentants des parents et de la société civile demandent aux autorités de renforcer le contrôle sur les pratiques des établissements scolaires et de veiller au respect des dispositions en vigueur.

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« Nous demandons au Gouvernement de s’impliquer et d’interpeller les responsables d’écoles afin que tout soit rétabli à la normale », insiste Luc Cirhuza.

De son côté, Baraka Joseph, coordonnateur du Mouvement de la société civile du Congo, relie également les difficultés rencontrées par les familles à la crise sécuritaire et à la situation sanitaire qui prévaut dans l’Est du pays.

« Jusqu’à présent, certains n’ont même pas de fournitures scolaires pour leurs enfants. La situation sécuritaire et économique est incertaine. Nous appelons les responsables à tous les niveaux à prendre leurs responsabilités », souligne-t-il.

Il sollicite par ailleurs l’intervention des organisations humanitaires en faveur des familles vulnérables, notamment celles touchées par les récents incendies à Bukavu.

À l’approche de la rentrée scolaire, prévue dans deux semaines, de nombreuses familles à Bukavu restent donc confrontées à la même équation : comment réunir les moyens nécessaires pour assurer la rentrée des enfants dans un contexte économique et sécuritaire particulièrement difficile ?

Pour les parents et la Société Civile, une intervention des autorités et des acteurs humanitaires apparaît urgente afin d’éviter que les difficultés financières ne compromettent davantage l’accès des enfants à l’éducation.

Suzanne Baleke

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