Le gouvernement congolais ne prévoit pas d’interdire TikTok en République démocratique du Congo, malgré les inquiétudes liées à certains contenus diffusés sur la plateforme. Le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, privilégie plutôt la régulation et la sanction des auteurs de dérives individuelles.
Le gouvernement congolais entend maintenir l’accès à TikTok tout en renforçant la lutte contre les abus commis sur la plateforme. Cette position a été réaffirmée par Patrick Muyaya lors d’une sortie médiatique à Kinshasa, dont les propos, tenus le 13 août 2026, ont été relayés à la rédaction de La Prunelle RDC vendredi 14 août.
Lire aussi : RDC : le CSAC veut faire bloquer les comptes TikTok faisant la propagande de l’AFC-M23
Pour le porte-parole du gouvernement, une interdiction générale de TikTok pénaliserait l’ensemble des utilisateurs pour les comportements d’une minorité.
« Fermer TikTok, ce serait pénaliser tous ceux qui l’utilisent intelligemment et gagnent leur vie dignement », a-t-il déclaré.
Le gouvernement veut préserver l’activité des créateurs
Cette position s’explique notamment par le rôle économique que joue désormais la plateforme auprès de nombreux jeunes Congolais.
Selon Patrick Muyaya, TikTok constitue une opportunité pour des créateurs de contenus qui utilisent les réseaux sociaux pour développer leur visibilité, promouvoir leurs activités et générer des revenus.
Le gouvernement estime ainsi qu’il serait disproportionné de priver l’ensemble de cette communauté de cet outil en raison des contenus problématiques publiés par certains utilisateurs.
L’approche annoncée consiste plutôt à agir contre les comportements jugés illégaux ou dangereux, notamment à travers les mécanismes de régulation et les procédures judiciaires prévues par la législation.
Le CSAC saisi contre certains contenus
Patrick Muyaya salue par ailleurs la démarche de citoyens ayant saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) au sujet de contenus diffusés sur TikTok et considérés comme malsains ou dangereux.
Le ministre met notamment en garde les auteurs de cyberharcèlement, d’injures et de désinformation.
« La justice finira par les rattraper », a-t-il prévenu, appelant ainsi les utilisateurs des réseaux sociaux à mesurer les conséquences de leurs publications.
Le gouvernement privilégie donc une logique de responsabilisation individuelle, plutôt qu’une suspension générale de la plateforme.
Le CSAC veut agir contre la propagande de l’AFC-M23
Cette position intervient alors que le CSAC avait annoncé, le 6 août dernier, son intention d’obtenir le blocage de comptes TikTok diffusant des contenus de propagande en faveur de l’Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 Mars (AFC-M23).
Lire aussi : RDC : le CSAC menace de bannir le réseau social TikTok
Cette démarche s’inscrit dans le contexte de la guerre persistante dans l’Est de la RDC et des préoccupations des autorités concernant la désinformation, la propagande et les contenus susceptibles, selon elles, de porter atteinte à la sécurité nationale.
Le gouvernement semble ainsi faire une distinction entre la plateforme elle-même et les usages qui peuvent en être faits : TikTok reste accessible, tandis que les comptes et utilisateurs impliqués dans des pratiques considérées comme illégales ou dangereuses pourraient faire l’objet de mesures de régulation ou de poursuites.
