Dans la plaine de la Ruzizi, la pénurie d’eau potable continue de compliquer le quotidien des habitants de Kiliba, au Sud-Kivu. En cette saison sèche de 2026, accéder à quelques litres d’eau est devenu un véritable défi pour des milliers de ménages, contraints de patienter durant de longues heures pour espérer être servis pendant quelques minutes seulement.

Selon plusieurs sources locales contactées par La Prunelle RDC, les difficultés d’approvisionnement sont principalement liées aux contraintes rencontrées par la Régie de distribution d’eau (REGIDESO). L’eau destinée à Kiliba est acheminée depuis la ville d’Uvira, un parcours qui nécessite un système de pompage fonctionnant entièrement grâce à l’électricité.

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Les fréquentes coupures de courant perturbent régulièrement ce dispositif, interrompant l’alimentation en eau et privant une grande partie de la population de cette ressource essentielle.

Des sources d’approvisionnement à risque

Face à cette situation, de nombreuses familles n’ont d’autre choix que de s’approvisionner dans la rivière Kiliba, malgré les risques sanitaires que présente cette eau. Chaque jour, elles parcourent entre un et deux kilomètres à pied pour y puiser quelques bidons.

Les investigations de La Prunelle RDC révèlent également que plusieurs habitants utilisent l’eau du canal EMAE, situé dans le quartier Butaho. Conçu pour l’irrigation des plantations de canne à sucre, ce canal n’est pourtant pas destiné à la consommation humaine.

Afin de retenir davantage d’eau, certains riverains ont même construit un barrage de fortune à l’aide de ciment pour ralentir le courant et faciliter le puisage. Malgré cette initiative, les quantités disponibles restent insuffisantes et la qualité de l’eau demeure préoccupante.

Des risques sanitaires et sécuritaires

Les conséquences de cette pénurie commencent déjà à se faire sentir. Les enfants, souvent chargés de la corvée d’eau, parcourent quotidiennement de longues distances, s’exposant aux accidents impliquant motos, vélos et véhicules.

Sur le plan sanitaire, les habitants redoutent l’apparition ou la recrudescence de maladies d’origine hydrique, notamment le choléra, la fièvre typhoïde et les maladies diarrhéiques.

Beaucoup craignent qu’en l’absence d’une réponse rapide des autorités, cette pénurie ne débouche sur une véritable crise sanitaire.

Les autorités locales appellent à des solutions durables

Interrogé sur cette situation, le chef de la cité de SangeBunana wa Bunana, s’est dit préoccupé par les difficultés auxquelles est confrontée la population.

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S’il salue les initiatives locales visant à atténuer les effets de la pénurie, il estime qu’elles demeurent insuffisantes face à l’ampleur du problème.

L’autorité appelle le Gouvernement congolais à prendre des mesures urgentes, notamment en renforçant l’approvisionnement en eau potable et en interpellant les responsables de la REGIDESO afin que des solutions durables soient mises en œuvre.

Selon lui, l’accès à l’eau potable est un droit fondamental et une nécessité pour préserver la santé publique.

Une problématique qui interpelle

Cette situation relance le débat sur l’accès à l’eau potable en République démocratique du Congo. Malgré l’abondance des ressources en eau douce dont dispose le pays, de nombreuses communautés continuent de faire face à des pénuries récurrentes.

À Kiliba, les habitants espèrent désormais des réponses concrètes des autorités afin de mettre fin à une crise qui affecte leur quotidien et menace leur santé.

Ishara Yambisi bin Kashenya, depuis la Plaine de la Ruzizi

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