À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, célébrée le 23 avril de chaque année, La Prunelle RDC s’est entretenue avec l’écrivain congolais Iragi Bashoshere Alfredius, qui dénonce le non-respect du droit d’auteur en République démocratique du Congo.

 Connu sous le nom d’auteur Alfredius Mercurii, cet écrivain basé à Bukavu rappelle que le droit d’auteur constitue un mécanisme essentiel de protection et de rémunération pour les créateurs.

« En RDC, le droit d’auteur, c’est son salaire. L’écrivain n’écrit pas simplement pour satisfaire le monde littéraire ou les lecteurs, mais il doit vivre de son droit d’auteur. Malheureusement, entre les photocopies pirates aux abords des universités et les PDF qui circulent sur WhatsApp, le respect de ce droit reste un immense défi dans notre pays », explique-t-il.

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Malgré les efforts de la Société congolaise des droits d’auteur et droits voisins, l’écrivain estime que les violations restent fréquentes et fragilisent les conditions de vie des auteurs.

Il souligne également l’impact du numérique, qu’il considère comme une menace croissante pour la protection des œuvres.

« Aujourd’hui, internet donne l’illusion que l’esprit n’a pas de prix. En RDC, si tout devient gratuit, nos écrivains risquent de poser la plume faute de revenus, laissant notre histoire être écrite par d’autres. La gratuité tue la création de qualité », avertit-il.

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Face à cette situation, Alfredius Mercurii plaide pour une sensibilisation accrue du public sur l’importance du respect du droit d’auteur, insistant sur le fait que consommer un livre de manière légale constitue un investissement dans la culture.

Il appelle également à une modernisation du cadre légal afin d’adapter la protection des œuvres à l’ère numérique et de faire de celui-ci une opportunité économique plutôt qu’un facteur de piratage.

 Esther Rehema et Ariel Bahati

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