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Cadre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), parti d’opposition, Bernard Zagabe désapprouve fortement la tenue des primaires pour départager les différents prétendants à la Présidence de l’Assemblée Nationale de la RDC. 

En effet, Augustin Kabuya qui a agi au nom du Présidium de l’Union Sacrée a appelé les députés nationaux à départager Christophe Mboso, Bahati Lukwebo et Vital Kamerhe, tous trois candidats Président de l’Assemblée Nationale au cours des élections primaires qui se tiennent à l’Assemblée Nationale. Objectif : trouver un candidat unique qui devrait être proposé aux élus au cours de la prochaine élection.

Mais pour l’opposant et soutien de l’ancien Président Joseph Kabila, « c’en est assez ». Il estime que les institutions sont désacralisées par l’Union Sacrée et ses animateurs.

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« Vous êtes sans ignorer qu’il y a une activité de l’Union Sacrée organisée par Kabuya au sein de l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Soyons sérieux. Depuis quand l’hémicycle de l’Assemblée Nationale est devenu le siège de l’Union Sacrée ? Malheureusement tous les congolais pensent que c’est normal. Nous avons tous été dans les partis politiques et jamais une rencontre d’une famille politique ne s’est tenue à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Qui est Kabuya ? Est-ce son bureau privé ? Son bureau de travail ? C’est seulement les activités officiellement reconnues par cette institution légalement établie qui doivent y être tenues mais on vous vous permettez d’inviter les gens à des primaires de votre famille politique au sein de l’hémicycle de l’Assemblée Provinciale. C’est là que ça commence avec la désacralisation des institutions de l’Etat », dit Bernard Zabage à La Prunelle RDC.

Bernard Zagabe dit comprendre l’ « inexpérience » de Augustin Kabuya, Secrétaire Général de l’UDPS ayant convoqué les assises mais ne comprend pas la bénédiction des anciens animateurs de ces insitutions.

« On est où là ? Je comprends Kabuya avec son manque d’expérience mais ce que je ne tolère pas c’est de voir les gens comme Mboso, Kamerhe, Lukwebo qui ont géré ces institutions se prêter à cet exercice.  Ils devraient quand même avoir le minimum de respect envers ces institutions », soutient-il.

Une « Union Sacrée » sans union

L’autre critique de l’opposant c’est contre les animateurs de l’Union Sacrée et au premier niveau le premier responsable de cette plateforme politique.

Bernard Zagabe ne comprend pas comment le Président Tshisekedi peut ne pas connaître des personnes qui devraient être placées à la tête des institutions après avoir travaillé avec elles durant des années.

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Le deuxième élément pour Bernard Zagabe est le manque d’unité au sein de l’ « Union Sacrée ».

« Comment peut-on expliquer que l’on soit Président de la République et en train de gérer les gens pendant près de six ans et chacun d’eux a été responsable d’un ministère, d’un cabinet ou d’une Institution (Assemblée Nationale ou Sénat) mais ne pas les connaître ? Donc, à l’Union Sacrée, Félix Tshisekedi ne connait personne qui peut jouer tel rôle, où, quand et comment ? Aujourd’hui, on justifie qu’il n’y a pas d’argent parce que le pays est en guerre mais quand il faut jouer au théâtre de l’Union Sacrée, on l’oublie. Pouvez-vous imaginer que depuis l’organisation des élections en décembre jusqu’en avril, l’Union Sacrée soit incapable de savoir comment doter le pays des animateurs des institutions ? Curieusement, il y a une crise de confiance terrible et je constate qu’il y a beaucoup de malhonnêteté dedans avec un acteur majeur qui veut manipuler les autres et malheureusement ceux qui ont prouvé que c’est seulement les postes qui les intéressent. Est-ce qu’on ne peut être que gestionnaire dans ce pays pour apporter un plus ? », insiste-t-il.

Des candidats à tout, des acteurs qui s’accrochent

Connu pour ses critiques contre le pouvoir, Bernard Zagabe dénonce surtout la boulimie de certains leaders politiques qui veulent tout prendre. Il regrette également que d’autres n’acceptent pas jusque-là qu’ils ne sont pas aimés au sein de la famille politique du Président Tshisekedi.

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« Prenons le cas, toi seul candidat député, candidat sénateur, candidat membre du Bureau de l’Assemblée Nationale et chose grave, tu exclus les candidatures de tous les autres au sein de ton parti politique au Sud-Kivu. C’est parce que tu as toi-même peur que tu risques de ne pas être élu malgré le nombre des députés. L’autre acteur qui se dit important refuse de comprendre qu’il est en train de forcer où on n’a pas besoin de lui. Comment une fois, deux fois, dix fois peut-on montrer à l’opinion qu’on n’a plus besoin de toi mais tu continues à forcer ?», parlant respectivement de Lukwebo et Kamerhe mais refusant de les citer.

Des leaders qui viennent s’humilier devant la nation entière

Parmi les trois candidats au perchoir de l’Assemblée Nationale de la RDC figurent Bahati Lukwebo et Kamerhe ; tous des leaders politiques du Sud-Kivu. Pour Kamerhe, ce mardi, le pouvoir actuel va consacrer leur humiliation devant tout le pays.

« Aujourd’hui, c’est une journée où on appelle les leaders du Sud-Kivu à venir s’humilier devant toute la République. On invite plus de 400 députés à venir suivre l’humiliation de la Province du Sud-Kivu où deux grands leaders se battent pour un poste. C’est ridicule pour le Sud-Kivu et ce n’est pas avec ce genre des leaders qu’on peut penser la nation ».

Des institutions pour les mêmes acteurs ?

Revenant sur l’expérience de gestion sous Joseph Kabila, Bernard Zagabe s’étonne qu’une personne veille revenir deux fois pour gérer une institution de la République.

« Vous avez été Président de l’Assemblée Nationale pendant cinq ans. Qu’avez-vous apporté de plus ? Un moment, il faut se dire, c’est assez ; j’ai bcp donné et je peux me retirer en ce moment-ci pour que les autres puissent agir. Nous avons fait 18 ans avec Kabila et je n’ai pas vu un acteur qui a géré une institution pendant deux législatures. D’où est venue cette volonté de caporaliser la République, on veut promouvoir les individus en lieu et place des institutions ? Passer à ces élections primaires prouvent à suffisance que le Président Félix Tshisekedi est seul. Kabila disait qu’il lui manquait quinze mais je le dis sans peur sur ce plateau que Félix Tshisekedi, lui, est seul. ».

Jean-Luc M

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