Le député national Crispin Mbindule Mitono rejette les accusations portées contre lui par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, après la circulation sur les réseaux sociaux d’une correspondance officielle demandant l’ouverture d’investigations à son encontre.
Dans cette lettre adressée aux services de renseignements, le gouverneur militaire accuse notamment l’élu de Butembo d’effectuer une descente clandestine dans sa circonscription et d’entretenir des liens avec des groupes armés actifs dans la région.
Quelques heures après la diffusion du document, le parlementaire a réagi dans une déclaration accordée à la presse, dénonçant ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation politique destinée à faire taire les partisans de la révision constitutionnelle dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon Crispin Mbindule Mitono, son récent séjour à Butembo visait essentiellement à sensibiliser la population autour du débat sur le changement de la Constitution.
« Je suis allé à Butembo pour sensibiliser ma base sur le changement de Constitution. Un message accueilli favorablement dans le chef de la population entière. Il y a eu un petit groupe manipulé qui s’est opposé à cette démarche, et c’est cela que le gouverneur appelle des troubles ou de la désobéissance civile », a-t-il déclaré.
Le président du groupe parlementaire « Le Peuple d’abord » affirme que les accusations portées contre lui relèvent d’une campagne de discrédit politique.
Il rejette particulièrement les allégations selon lesquelles il entretiendrait des groupes armés dans la région de Butembo.
« Lorsque j’achète des vivres pour les militaires FARDC et pour les Wazalendo qui sont au front afin qu’ils puissent résister face à l’ennemi, le gouverneur appelle cela un soutien aux milices. C’est totalement faux », a insisté le député.
Le parlementaire affirme que son soutien aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo et aux groupes d’autodéfense engagés contre les rebelles s’inscrit dans le cadre de l’effort de guerre contre l’insécurité dans l’Est du pays.
« Depuis longtemps, je combats l’agression rwandaise. Même avant l’arrivée du président Félix Tshisekedi au pouvoir, j’étais déjà engagé contre les rebellions qui ont déstabilisé notre pays. Aujourd’hui, comme député national, j’ai l’obligation, conformément à la loi, de contribuer à l’effort de guerre », a-t-il ajouté.
Dans son intervention, Crispin Mbindule Mitono est également revenu sur ses anciennes relations avec l’actuel gouverneur militaire du Nord-Kivu, évoquant leur parcours universitaire commun avant leurs divergences politiques.
« Nous avons étudié dans la même université et militions dans une association des jeunes qui combattait l’agression rwandaise. Mais lui avait choisi de rejoindre la rébellion du RCD pendant que nous continuions à défendre la patrie », a soutenu le député.
Malgré ces divergences, l’élu de Butembo affirme que la population de l’Est reste attachée à la vision du président Félix Tshisekedi dans la lutte contre l’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Jusqu’à présent, le Gouverneur militaire du Nord-Kivu n’a pas encore réagi publiquement à cette sortie médiatique du député national.
Jean-Claude Mukulu
