Dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, des centaines de finalistes affrontent bien plus que l’épreuve de dissertation de l’Examen d’État 2025-2026 : ils doivent d’abord surmonter l’insécurité, la faim et des conditions de vie précaires pour atteindre leurs centres d’examen.

Au centre de Kasika (code 67018), installé à l’Institut Miki, les épreuves ont débuté ce lundi 4 mai 2026 dans un contexte particulièrement difficile pour les élèves venus des zones reculées de la chefferie de Luindi.

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Selon le chef de centre, Imata Kaseke, sur les 270 candidats attendus dont 104 filles, seuls 240 ont réussi à se présenter, parmi lesquels 94 filles et 146 garçons.

« Sur les 270 élèves attendus […] 240 ont réussi à braver les obstacles pour se présenter », a-t-il indiqué, soulignant ainsi l’absence de 30 candidats, dont 10 filles, bloqués par les difficultés du trajet.

Pour de nombreux élèves, notamment ceux en provenance de Muhuzi, l’examen a commencé bien avant l’ouverture des cahiers d’items. Le trajet vers Kasika, dans un contexte d’insécurité persistante, s’apparente à un véritable parcours du combattant. Ces jeunes craignent d’être confondus avec des membres des groupes d’autodéfense « Wazalendo » lors des contrôles ou des déplacements sur les sentiers.

À cette pression sécuritaire s’ajoute une difficulté d’adaptation liée au changement de climat et d’alimentation.

« Chez eux, ils ne mangent que des pommes de terre et de la pâte de maïs. Ici, ils ne trouvent que du foufou de manioc. Pour eux, ce changement d’alimentation est une difficulté majeure », explique un encadreur.

Plus grave encore, certains finalistes ont été directement victimes d’actes de violence sur leur parcours. Des élèves de l’Institut Kataraka, en provenance d’Irangi, ont été dépouillés de leurs biens avant d’arriver au centre d’examen.

« Les élèves passent dans de mauvaises conditions. À Irangi, au moins quatre élèves ont été pillés […] L’un est arrivé ici en culotte, sans rien, même ses chaussures ont été emportées », témoigne un encadreur.

À Kasika, les conditions de vie restent tout aussi préoccupantes. Les élèves venus d’Ishungwe ou de Kilimbwe font face à une insécurité alimentaire aiguë. Sans ressources financières et loin de leurs familles, plusieurs passent leurs épreuves dans un état de faim avancé.

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Malgré ces difficultés, les autorités scolaires locales tentent de maintenir un cadre propice à la passation des épreuves. Toutefois, la situation soulève des inquiétudes sur les chances de réussite de ces candidats confrontés à des conditions extrêmes.

La situation observée à Kasika met en évidence l’urgence de sécuriser les axes de déplacement scolaire et de prévoir une assistance humanitaire minimale pour les élèves finalistes, considérés comme l’avenir de la chefferie de Luindi.

Abdallah Mapenzi

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