Dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, des milliers de déplacés retournent progressivement dans leurs localités depuis le retrait des rebelles du M23 en mars 2026. Mais sur place, le constat est alarmant : maisons détruites, biens pillés, écoles endommagées et populations livrées à elles-mêmes.

Dans un communiqué consulté par la rédaction de La Prunelle RDC, le défenseur des droits humains Aimé Mukanda Mbusa lance un appel urgent à l’assistance humanitaire en faveur des femmes, hommes et enfants retournés. Selon lui, ces populations ne souffrent plus directement des armes, mais des conséquences de la guerre, notamment la famine, le manque d’abris et l’insuffisance de produits de première nécessité.

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D’après ses déclarations, les déplacés qui regagnent leurs villages découvrent des habitations détruites ou pillées ainsi que des infrastructures, notamment scolaires, gravement endommagées.

« Je plaide pour l’assistance aux déplacés retournés dans les zones abandonnées par les rebelles du M23 au mois de mars dernier. Il s’agit des agglomérations de Katondi, Kipese, Muhuluko, Kamandi, Lunyasenge, Mubana, Kauli, Mwise, Bukununu, en territoire de Lubero, où les populations qui avaient fui la guerre commencent à retourner progressivement et trouvent leurs maisons pillées ou détruites. Les écoles et plusieurs infrastructures ont également été endommagées par la rébellion. Nous lançons un SOS au gouvernement congolais et aux humanitaires pour une intervention urgente », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Aimé Mukanda Mbusa formule des recommandations spécifiques en faveur de la population de Mangurejipa, toujours dans le territoire de Lubero, où de nombreux habitants sont victimes des violences attribuées aux ADF/MTM.

Il rappelle que la situation humanitaire demeure préoccupante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où, depuis 2022, les populations continuent de subir les conséquences des activités des groupes armés, notamment le M23 et les ADF.

« Plus de 3.000.000 de personnes sont déplacées à cause de la guerre et nécessitent une aide humanitaire urgente. Nous félicitons au passage l’organisation OCHA et d’autres acteurs humanitaires pour les services rendus à nos populations victimes des conflits pendant cette période douloureuse, et nous les appelons à redoubler d’efforts », a-t-il ajouté.

Face à l’ampleur des destructions et à la précarité des populations retournées, l’urgence d’une réponse coordonnée et efficace s’impose. Entre besoins humanitaires immédiats et défis sécuritaires persistants, les habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continuent de payer le lourd tribut des conflits armés.

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Pour le défenseur des droits humains, seule une mobilisation rapide des autorités congolaises et des partenaires humanitaires permettra d’apporter un soulagement concret et de poser les bases d’un retour durable à la stabilité.

« Après la guerre, nous irons vers le développement durable. Aidez-nous à mettre fin à cette guerre, chers dirigeants », conclut-il.

Vinciane Ntabala

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