La Société Civile d’Uvira tire la sonnette d’alarme sur l’état de dégradation avancée du pont de Kavimvira, un ouvrage stratégique reliant la ville d’Uvira à la frontière burundaise. Face à l’intensification du trafic causée par les travaux de réhabilitation de la Route nationale numéro 5 (RN5), les acteurs citoyens craignent que cette infrastructure ne cède sous la pression, avec des conséquences potentiellement graves sur la mobilité et les échanges économiques dans la région.

Selon Freddy Mudeba, membre actif de la société civile locale, le pont de Kavimvira est aujourd’hui devenu un point de passage incontournable pour tous les usagers. Motos, véhicules de transport en commun, camions de marchandises et piétons sont contraints d’emprunter cet ouvrage, ce qui exerce une forte pression sur une infrastructure déjà fragilisée.

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« Avec les travaux en cours sur la RN5, le pont de Kavimvira est devenu le passage obligé pour tous les engins. Cette situation provoque régulièrement des embouteillages et complique énormément la circulation des usagers », explique-t-il.

D’après lui, la circulation s’effectue souvent de manière alternée afin d’éviter des blocages complets. Les véhicules venant du sud doivent patienter pour laisser passer ceux en provenance du nord avant de traverser à leur tour.

Cette situation entraîne d’importants retards pour les voyageurs, les commerçants ainsi que les transporteurs qui utilisent quotidiennement cet axe routier considéré comme l’un des plus stratégiques de la région.

« Il s’agit d’une traversée devenue pénible qui occasionne frustrations, pertes de temps et souffrances pour de nombreux habitants », déplore Freddy Mudeba.

Toutefois, certains usagers se montrent plus rassurants. C’est le cas de Nadia Nyamushiya, habituée de cet itinéraire, qui reconnaît certes l’état préoccupant du pont actuel, mais estime que la circulation reste encore relativement fluide malgré les difficultés observées.

Elle souligne surtout qu’un nouveau pont est actuellement en construction sur le même site et que les travaux évoluent normalement.

« Nous constatons effectivement que l’ancien pont présente plusieurs signes de détérioration. Mais nous voyons également que les travaux du nouveau pont avancent. Nous espérons simplement qu’ils seront achevés rapidement afin d’éviter tout risque pour les usagers », indique-t-elle.

Pour cette habitante, l’accélération des travaux constitue désormais une priorité afin de garantir la continuité du trafic entre Uvira et le Burundi, mais aussi de préserver les activités économiques qui dépendent fortement de cet axe transfrontalier.

Face à ces inquiétudes, la société civile appelle les autorités nationales, provinciales ainsi que les services techniques compétents à prendre des mesures urgentes. Elle plaide notamment pour un suivi rigoureux des travaux en cours et pour des interventions de sécurisation de l’ouvrage existant en attendant l’achèvement du nouveau pont.

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Les acteurs citoyens estiment qu’un éventuel effondrement du pont de Kavimvira pourrait avoir de lourdes répercussions sur les échanges commerciaux, la circulation des personnes et l’approvisionnement des marchés dans cette partie du Sud-Kivu.

Considéré comme l’une des principales portes d’entrée entre la République démocratique du Congo et le Burundi, le pont de Kavimvira joue un rôle essentiel dans la dynamique économique de la région. Son état de dégradation suscite ainsi de nombreuses préoccupations au sein de la population qui attend une intervention rapide des autorités pour éviter toute catastrophe.

Esther Rehema

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