Une femme accusée de sorcellerie a été tuée par une foule en colère dans le sous-village de Nshebeyi, village de Chituzo, en groupement de Mudaka, territoire de Kabare (Sud-Kivu), ce lundi 8 juin 2026. Ce nouveau cas de justice populaire relance les inquiétudes sur la multiplication des violences communautaires dans plusieurs entités de la province.

L’information a été confirmée ce mardi 9 juin à La Prunelle RDC par Erick, président de la Société civile du groupement de Mudaka. Selon lui, la victime, identifiée sous le nom de M’Kaherebende, était accusée par certains habitants de pratiquer la sorcellerie.

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Dans un climat de forte tension, la femme a été prise à partie par des membres de la communauté avant d’être violemment agressée. Elle a succombé à ses blessures lors de cet acte de justice populaire.

La Société civile de Mudaka condamne fermement ce qu’elle qualifie d’acte criminel et rappelle qu’aucune accusation, quelle qu’elle soit, ne peut justifier qu’une personne soit privée de son droit à la vie.

« Personne n’a le droit de se rendre justice. Ces actes sont contraires à la loi, inhumains et mettent en péril la cohésion sociale au sein des communautés », déplore cette structure citoyenne.

Ce drame intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des actes de justice populaire dans plusieurs localités du territoire de Kabare, où des habitants choisissent de se faire justice eux-mêmes, souvent sous prétexte que l’État n’est plus capable de répondre efficacement aux attentes de la population.

À peine vingt-quatre heures auparavant, un autre drame similaire s’est produit dans le village de Nzinzi, en groupement de Luhihi, toujours dans le territoire de Kabare.

Selon un acteur de la société civile locale ayant requis l’anonymat, le conflit est né d’un différend entre deux hommes autour d’une somme de 6.000 francs congolais. Monsieur Cigalaganga Kavara avait remis cet argent à Monsieur Batandi pour l’exploitation d’un champ. Les deux parties seraient ensuite entrées en conflit après que les engagements convenus n’auraient pas été respectés.

La dispute a dégénéré lorsque Cigalaganga aurait porté plusieurs coups à Batandi. Gravement blessé, ce dernier n’a pas survécu.

Apprenant la mort de Batandi, des habitants du village se sont retournés contre le présumé auteur des faits. Pris de colère, ils l’ont violemment tabassé avant qu’il ne soit secouru de justesse.

Selon la même source, Cigalaganga est actuellement admis à l’Hôpital Général de Référence de Fomulac Katana où il reçoit des soins. Son état de santé demeure préoccupant.

« Monsieur Batandi a déjà été enterré dans la parcelle de son présumé meurtrier », précise cet acteur de la société civile.

La tension reste vive dans le village de Nzinzi, où la population demeure fortement divisée après ces événements tragiques. Les acteurs locaux craignent de nouveaux incidents si aucune intervention rapide des autorités n’est engagée.

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Face à cette succession de drames, les organisations de la société civile appellent les autorités administratives, policières et judiciaires à agir rapidement pour restaurer l’autorité de l’État et prévenir de nouveaux cas de justice populaire.

Elles demandent notamment l’ouverture d’enquêtes afin d’identifier et de poursuivre les auteurs de ces violences, tout en renforçant les mécanismes de résolution pacifique des conflits au sein des communautés.

Pour plusieurs observateurs, la multiplication des actes de justice populaire dans le territoire de Kabare traduit une perte progressive de confiance envers les institutions chargées de rendre la justice et constitue une menace sérieuse pour la paix sociale et le respect des droits humains.

Sylvie Bahati

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