La Société civile du groupement d’Irhambi-Katana, en territoire de Kabare (Sud-Kivu), alerte sur une série de braquages armés visant des civils sur la Route nationale numéro 2 (RN2), particulièrement sur le tronçon Kavumu–Katana, aux environs de Nyakadaka et Kambogo, en direction du centre commercial de Kabamba.
Selon son président, Emery Murhula, plusieurs incidents ont été enregistrés depuis le début du mois d’avril 2026. Des citoyens ont été dépouillés de leurs biens, certains échappant de justesse à la mort. En l’espace de deux semaines, au moins trois cas ont été documentés, mettant en péril la sécurité des usagers sur cet axe stratégique pour les échanges commerciaux entre Kavumu, Katana et Kabamba.
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Le premier cas signalé s’est produit à Nyakadaka, où des jeunes en provenance de Kavumu ont été interceptés par des hommes armés non identifiés.
« Ces bandits ont réussi à dépouiller toute l’équipe de leurs biens, notamment des téléphones portables », déplore Emery Murhula.
Quelques jours plus tard, une commerçante identifiée sous le nom de M’Mubira Nyabadeux a été attaquée au même endroit alors qu’elle se rendait à Bukavu pour s’approvisionner.
« Cette femme a été dépouillée de son capital commercial. Elle a perdu une somme équivalente à 2,8 millions de francs », précise-t-il, évoquant l’implication présumée des mêmes assaillants.
Le dimanche 12 avril 2026, un troisième cas a été enregistré à Kambogo. Le rapporteur de la société civile de Kabare a été pris pour cible vers 18 heures alors qu’il regagnait son domicile à Kabamba. Grièvement blessé aux mains et au visage, il a été admis dans une structure sanitaire pour des soins, après avoir échappé à une tentative de meurtre.
Des témoignages recueillis indiquent que les assaillants opèrent en tenue civile, ciblant les passagers aux premières heures du matin ou en soirée.
Face à cette recrudescence, la société civile appelle les usagers de la RN2 à redoubler de vigilance. Elle exhorte également les autorités locales et les services de sécurité à renforcer leur présence sur les tronçons à risque afin de prévenir de nouveaux incidents.
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Cette montée de l’insécurité intervient dans un contexte socio-économique fragile, marqué par la précarité des conditions de vie et la circulation incontrôlée d’armes dans la région, après plusieurs mois d’affrontements armés opposant les Wazalendo au groupe politico-militaire AFC-M23.
