L’insécurité, l’insuffisance des financements et les difficultés d’accès aux populations vulnérables figurent parmi les principaux défis auxquels sont confrontées les organisations humanitaires en République démocratique du Congo. Le constat a été dressé ce jeudi à Bukavu lors d’une conférence-débat organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire.
Organisée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en consortium avec plusieurs organisations partenaires, la rencontre s’est tenue à l’Université Évangélique en Afrique (UEA), à Panzi, autour du thème : « Agir pour l’humanité : protection des travailleurs humanitaires et accès humanitaire dans les contextes de crise en RDC ».
Les échanges ont notamment porté sur les difficultés rencontrées par les acteurs humanitaires dans les zones affectées par les conflits et les crises, particulièrement dans l’Est du pays.
L’insécurité et le manque de financements au cœur des préoccupations
Prenant la parole lors de cette activité, David Centwali, coordonnateur national de l’organisation Cultural and Social Development (CSD), a souligné que l’insécurité constitue un obstacle majeur à l’action humanitaire.
« Il y a des zones où les populations ont vraiment besoin d’aide humanitaire, mais les humanitaires manquent d’accessibilité pour y aller afin d’être utiles à la population en besoin », a-t-il expliqué.
À cette difficulté d’accès s’ajoute la question du financement. Selon lui, plusieurs organisations disposent de projets et de capacités d’intervention, mais ne disposent pas des ressources nécessaires pour répondre aux besoins des populations affectées.
« Il y a beaucoup d’organisations qui ont des projets mais qui manquent de financements. Il n’y a pas assez de financement pour que ces organisations puissent aider la population en détresse », a-t-il déploré.
Les organisations appelées à unir leurs efforts
S’exprimant au nom de la CONAFED, Georges Zihindula, secrétaire de l’organisation CCONAT, a appelé les acteurs humanitaires à renforcer leur collaboration afin de mieux coordonner leurs efforts en faveur des populations dans le besoin.
« Nous cheminons vers les mêmes objectifs et notre objectif commun, c’est de vouloir sauver des vies car nous sommes humanitaires. Donc, unissons-nous pour un objectif commun », a-t-il déclaré.
Pour les participants, une meilleure collaboration entre les organisations permettrait notamment de mutualiser les efforts et de renforcer l’efficacité de la réponse humanitaire dans les zones difficiles d’accès.
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L’APEO alerte sur la situation des enfants
De son côté, l’ONG Actions pour Enfants Oubliés (APEO) a rendu hommage aux travailleurs humanitaires tout en attirant l’attention sur la situation des enfants dans l’Est de la RDC.
Selon l’organisation, des milliers d’enfants sont actuellement confrontés aux conséquences des conflits, notamment les déplacements, la déscolarisation, la séparation familiale, les violences basées sur le genre et la malnutrition.
« Aucun enfant ne doit être oublié. Derrière chaque statistique, il y a un visage, une histoire, un droit à la protection et à l’éducation qui doit être respecté même en temps de crise », insiste l’APEO.
L’organisation salue également le travail réalisé par les volontaires communautaires, les associations locales et les partenaires humanitaires intervenant notamment dans les secteurs de l’eau, de la santé, de la nutrition et de la protection de l’enfant, y compris dans les zones enclavées.
Quatre recommandations pour renforcer la réponse humanitaire
Face à cette situation, l’APEO appelle les autorités et la communauté internationale à protéger l’accès humanitaire, afin de permettre aux acteurs d’atteindre tous les enfants vulnérables sans discrimination.
Elle plaide également pour un renforcement de l’appui aux organisations locales qui continuent d’intervenir malgré les risques, ainsi que pour la mise de l’enfant au centre de toutes les réponses d’urgence.
L’organisation appelle enfin à promouvoir la tolérance zéro face à toute forme d’exploitation des personnes vulnérables.
La conférence-débat s’est clôturée par une exposition des stands de différentes organisations humanitaires, permettant aux participants de découvrir leurs interventions et initiatives en faveur des populations affectées par les crises.
